Haïti: dès l'annonce des résultats de la présidentielle, des violences ont éclaté

CARAIBES L'ex-première dame Mirlande Manigat et Jude Célestin, protégé du président sortant René Préval, s'affronteront au second tour...

M.P. avec Reuters

— 

AFP Photo

Peu après l’annonce des résultats du premier tour de l’élection présidentielle, Haïti a été mardi soir le théâtre de nombreuses manifestations et des coups de feu ont été tirés, sans faire de blessé. L’ex-première dame Mirlande Manigat et Jude Célestin, candidat du président sortant René Préval  s'affronteront au second tour, a annoncé la commission électorale sur la base des résultats préliminaires.  La première a recueilli 31,37% des voix et le second 22,48%, selon les résultats lus à la presse par Richard Dumel Thibault, porte-parole du Conseil électoral provisoire.  Le très populaire chanteur Michel Martelly, qui a promis une vague de contestation s'il ne passait pas le premier tour, arrive en troisième position avec 21,84%.

Ce sont notamment ses partisans qui ont érigé des barricades dans le quartier de Pétionville, réclamant l'annulation du scrutin, et dans un camp de sinistrés du terrible séisme du 12 janvier, près du palais présidentiel. Des policiers en patrouille dans les rues de la capitale, pour la plupart plongées dans l'obscurité, les ont sommés de les démanteler, parfois sous la menace de leurs armes. Des coups de feu ont par ailleurs retenti dans plusieurs quartiers de Port-au-Prince.

Résultats «incohérents»

L'ambassade des Etats-Unis a émis des doutes sur les résultats, jugés «incohérents» par rapport au décompte auquel «de nombreux observateurs locaux et étrangers ont assisté». «Les Etats-Unis, en collaboration avec les partenaires internationaux d'Haïti, sont favorables à un examen complet des irrégularités pour faire en sorte que les résultats électoraux soient conformes à la volonté exprimée dans les urnes par le peuple haïtien», dit-elle dans un communiqué.

La date du second tour a été provisoirement fixée au 16 janvier, mais elle doit être confirmée. Depuis le 28 novembre, les casques bleus de la Minustah (Mission des Nations unies pour la stabilisation en Haïti) et les observateurs internationaux sont confrontés à des allégations répétées de «fraude massive» formulées par plus de la moitié des 18 candidats du premier tour. Les troubles se multiplient dans la rue et beaucoup craignent que l'insécurité ne s'aggrave.

Processus électoral cautionné

Tout en reconnaissant les  «irrégularités, la désorganisation ainsi que les actes de vandalisme et de violence qui ont émaillé la journée de vote», la mission d'observation des élections commune à l'Organisation des Etats américains (OAS) et à la Communauté des Caraïbes (Caricom) a jusqu'ici cautionné avec mesure l'ensemble du processus électoral.

L'île, ravagée par le séisme du 12 janvier qui a fait 250.000 morts et des centaines de milliers de sans-abri, connaît aujourd'hui une épidémie de choléra qui a déjà fait plus de 2.000 victimes.