En Irak, une manifestation contre la fermeture de clubs servant de l'alcool

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Des dizaines d'écrivains et de poètes ont manifesté vendredi à Bagdad contre la fermeture de plusieurs clubs privés servant de l'alcool dans la capitale irakienne, dénonçant une répression rappelant l'époque de Saddam Hussein.

«La liberté d'abord», «Bagdad ne sera pas Kandahar», proclamaient les banderoles des manifestants près du bâtiment de l'Union des écrivains irakiens (UEI) dans le centre de la ville.

«Ca ressemble à ce qui se passait sous la dictature»

«Nous n'avons pas besoin d'un Etat à la Khomeiny ou d'un Etat taliban en Irak», a déclaré Fadhel Samer, président de l'UEI, en référence à l'Iran et à l'Afghanistan. «Ce qui est fait aux libertés individuelles dans ce pays ressemble à ce qui se passait sous la dictature (...). Cela nous rappelle les pratiques de l'ancien régime», a-t-il ajouté.

La manifestation a été provoquée par la fermeture d'un café près du bâtiment de l'UEI, où écrivains et intellectuels se retrouvaient souvent pour fumer le narguilé et boire de l'alcool.

Les autorités de Bagdad assurent qu'elles ne font qu'appliquer depuis l'année dernière un décret promulgué dans les années 1990, à l'époque de Saddam Hussein, qui interdit aux restaurants et aux hôtels de servir de l'alcool. L'interdiction ne concerne pas les magasins d'alcool, mais selon la loi irakienne, seuls les chrétiens et les Kurdes peuvent vendre de l'alcool.