Un psychiatre jugé après le quintuple infanticide de sa patiente

BELGIQUE Elle lui réclame des dommages et intérêts...

Catherine Fournier

— 

Genevieve Lhermitte lors de son procès pour quintuple infanticide à Nivelles en Belgique, le 19 décembre 2008. 
Genevieve Lhermitte lors de son procès pour quintuple infanticide à Nivelles en Belgique, le 19 décembre 2008.  — ISOPIX/SIPA

Le drame aurait-il pu être empêché? Le tribunal civil de Bruxelles va devoir répondre à cette question ce vendredi midi dans une affaire du quintuple infanticide. L’auteure des faits, Geneviève Lhermitte, poursuit son psychiatre et lui réclame trois millions de dommages et intérêts au motif que ce dernier aurait dû réagir.
 
Selon la RTBF, les avocats de la mère vont présenter deux lettres pour accréditer cette thèse. Dans la première, quinze jours avant le passage à l’acte, Geneviève Lhermitte écrit à au Dr Diderick Veldekens qu’elle «a peur» d’elle-même, qu’elle est «dans une impasse» et qu’elle a «été dans un magasin (…) voir s’il y avait un couteau à viande bien tranchant. (…) S’il vous plaît, faite quelque chose pour moi. Je suis écrasée par une masse de mauvais sentiments.»

«J’ai des idées noires»

Dans la seconde lettre, envoyée la veille du drame, cette femme évoque ses pulsions suicidaires et sa volonté de ne pas laisser ses cinq enfants : «J'ai des idées noires, ce sont des idées suicidaires qui vont m'entraîner et je vais prendre mes enfants avec moi.»
 
Le 28 février 2007, Geneviève Lhermitte égorge son fils et ses quatre filles, âgés de 3 à 14 ans, à leur domicile de Nivelles et retourne le couteau contre elle mais ne parvient pas à se tuer.
 
Ses avocats vont tenter de prouver qu'il y a bien un lien entre ce manque de réaction du psychiatre et le passage à l'acte, en se basant sur l’avis de trois experts-psychiatres, qui avaient estimé devant la Cour d'assises de Nivelles qu’eux auraient demandé l'hospitalisation immédiate de la patiente.

Problème «d’emploi du temps»

Devant le tribunal, le psychiatre avait indiqué avoir reçu sa patiente à la suite d'un premier courrier alarmant le 13 février 2007, mais n'avoir pas pu recevoir Geneviève Lhermitte le 27 février en raison de son emploi du temps.
 
Selon l’un de ses conseils, Xavier Magnée, Geneviève Lhermitte n’agirait pas pour «l'argent», mais «pour le principe» et «pour obtenir reconnaissance du préjudice réellement subi» en raison de «l'inaction du praticien». Sur les trois millions d’euros de préjudice, elle ne réclamerait qu’un euro symbolique.