La Côte d'Ivoire au bord du chaos

Acacio Pereira

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Des partisans d'Ouattara ont été tués dans la nuit de mercredi à jeudi à Abidjan.Une manifestation de soutien à Alassane Ouattara, le 20 novembre à Abidjan.
Des partisans d'Ouattara ont été tués dans la nuit de mercredi à jeudi à Abidjan.Une manifestation de soutien à Alassane Ouattara, le 20 novembre à Abidjan. — STR NEWS / REUTERST. GOUEGNON / REUTERS

La situation était extrêmement tendue hier soir en Côte d'Ivoire. Les frontières ont même été fermées jusqu'à nouvel ordre hier soir, selon l'armée. Et l'annonce des résultats de la présidentielle de dimanche risque d'embraser le pays. Avec quarante-huit heures de retard, la commission électorale a proclamé vainqueur Alassane Ouattara, le candidat de l'opposition, avec 54,1 % des voix, contre 45,9 % pour son adversaire Laurent Gbagbo, le président sortant.

Pas de « validité juridique »
L'annonce a provoqué une réaction immédiate du clan Gbagbo assurant qu'elle n'avait pas de « validité juridique ». « On attend la décision du Conseil constitutionnel », a ainsi soutenu Pascal Affi N'Guessan, directeur de campagne du président sortant. Un Conseil constitutionnel qui n'a pas tardé à réagir. Son président, Paul Yao N'Dré, considéré comme un allié politique de Gbagbo, a indiqué que les résultats n'étaient pas valides car le délai légal accordé à la Commission avait expiré mercredi à minuit. « Une fois ce délai expiré, la Commission électorale n'est plus habilitée à annoncer les résultats », a-t-il précisé. Oubliant un peu vite de rappeler que la Commission avait été empêchée de le faire, mardi, par des partisans du président sortant. Ces derniers avaient, de toute façon, préventivement annoncé qu'ils contesteraient le scrutin en raison de fraudes supposées dans le Nord, plutôt favorable à Ouattara. Conscient de la tension entre les deux parties, le Conseil de sécurité de l'ONU a averti qu'il était prêt à prendre des « mesures appropriées » contre quiconque ferait obstacle au processus électoral. Dans la matinée, le clan Ouattara avait annoncé que plusieurs de ses partisans avaient été tués dans la nuit de mercredi à jeudi à Abidjan. Le couvre-feu, qui devait prendre fin hier, a été prolongé jusqu'à dimanche.