Escarmouches entre la Corée du Sud et la Corée du Nord: le Conseil de sécurité de l'ONU va se réunir

MONDE Deux militaires sont morts...

O.R. et C.C. avec Reuters
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L'ile de Yeonpyeong, en Corée du Sud, cible de tirs d'obus nord-coréens, mardi 23 novembre 2010.
L'ile de Yeonpyeong, en Corée du Sud, cible de tirs d'obus nord-coréens, mardi 23 novembre 2010. — AFP PHOTO/KBS OFF TV

L'armée sud-coréenne a annoncé ce mardi avoir riposté après des tirs d'artillerie nord-coréens -au moins 200 obus- sur une île du Sud, où plusieurs dizaines d'incendies ont été signalés. Les tirs sur cette île, située à 2km de la Corée du Nord, ont duré une heure. Il y aurait au moins deux militaires morts, des «marines», et 17 soldats blessés ainsi que trois civils. Des habitants de l'île ont été évacués vers des abris.

La Corée du Nord a déclaré que la Corée du Sud avait débuté les hostilités en tirant la première. L'armée sud-coréenne a fait savoir un peu plus tard qu'elle avait procédé à des exercices de tirs dans le secteur où les échanges d'artilleries ont par la suite éclaté. «Nous procédions à des manoeuvres habituelles et nos tirs expérimentaux étaient dirigés vers l'Ouest, pas le Nord», a toutefois souligné un porte-parole militaire. Selon la chaîne de télévision YTN, Séoul a menacé Pyongyang de représailles plus appuyées en cas de poursuite des provocations.

«Attaquer des civils sans discrimination est impardonnable»

Au moins 200 obus ont frappé l'île, pour la plupart visant une base militaire. Les tirs ont duré environ une heure et les artilleurs sud-coréens ont riposté. Selon des témoins cités par YTN, 60 à 70 habitations ont été incendiées et plusieurs d'entre elles se seraient effondrées.

L'armée de Corée du Sud se dit en état d'alerte maximum et a réuni son cabinet de sécurité en urgence. Le président a déclaré qu'il s'opposera à une dérive vers un conflit de plus grande ampleur mais il veut une  réponse «ferme». «Attaquer des civils sans discrimination est impardonnable», a-t-il ajouté.

Un témoin cité par YTN, l'électricité serait coupée au moins en partie sur cette île nommée Yeonpyeong, qui se trouve près de la frontière nord-coréenne. Des images de télévision montrent quatre colonnes de fumée s'élevant de l'île, qui abrite environ 1.300 personnes.

L'échange de tirs coïncide avec l'arrivée à Pékin du diplomate américain Stephen Bosworth, chargé du dossier nord-coréen. Il survient en outre quelques jours après des révélations sur l'existence d'un programme nord-coréen d'enrichissement d'uranium, qui fournirait à Pyongyang une altrenative à la filière du plutonium pour la production d'armes atomiques.

Une approche multilatérale est nécessaire «face aux problèmes de la Corée du Nord»

A Pékin, où il a eu des entretiens au ministère des Affaires étrangères, Stephen Bosworth a déclaré: «Nous sommes d'accord pour juger que semblable conflit est très indésirable et j'ai fait part de notre désir de voir toutes les parties faire preuve de retenue, ce qui a, je pense, été accepté». Il a ajouté: «Nous sommes convenus qu'il est essentiel de maintenir une approche multilatérale face aux problèmes de la Corée du Nord».

Les relations entre Pékin et Pyongyang sont devenues un point de friction avec Washington après les révélations sur le programme d'enrichissement d'uranium nord-coréen. Les autorités du Nord assurent vouloir reprendre les négociations à six sur le démantèlement de leur programme nucléaire militaire, mais Washington et Séoul les somment de se conformer au préalable à leurs engagements en la matière. Un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères a exhorté les deux parties à «faire davantage pour contribuer à la paix» et a jugé impératif de renouer les négociations à six sur le démantèlement du programme nucléaire militaire de Pyongyang.

Une condamnation unanime ou presque

La Maison Blanche a de son côté condamné les tirs d'artillerie, exhortant «la Corée du Nord à mettre fin à cet acte de belligérance». Le Japon, l'Otan, l'Union européenne, la Grande-Bretagne et la France ont également condamné ces tirs. La Russie, plus mesurée, a manifesté sa profonde inquiétude et appelé à la retenue.

La Chine, unique alliée de Pyongyang, a parlé d'initiative «indésirable» tout en prônant la modération et une reprise des pourparlers à six sur le démantèlement du programme militaire nucléaire nord-coréen. Le Conseil de sécurité des Nations unies pourrait se réunir ce mardi ou mercredi pour évoquer le regain de tensions entre les deux Corées, selon une source diplomatique française.