Le pape ne met plus le préservatif à l'index

lucie soullier

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Dans son livre, Benoît XVI admet l'usage du préservatif pour « l'homme prostitué ».
Dans son livre, Benoît XVI admet l'usage du préservatif pour « l'homme prostitué ». — GALAZKA / SIPA

« Qu'il se taise. » Pour Eric Fleutelot, directeur général adjoint de Sidaction, le pape ne met « toujours pas le préservatif à la bonne place ». Pourtant, dans un ouvrage à paraître demain*, Benoît XVI fait un pas non négligeable. Après avoir déclaré, en mars 2009, que le port du préservatif « aggravait » le problème du sida, le souverain pontife admet enfin son utilisation, « dans certains cas ». Une première qui ne modifie pas pour autant la position officielle de l'Eglise sur la contraception.

« Pour tous et partout »
Ce petit progrès est d'ailleurs loin d'être suffisant pour les associations. D'autant que l'exemple de « l'homme prostitué », cité par le pape, est très réducteur. « Le préservatif, c'est pour tous et partout », réplique-t-on à Act Up-Paris où l'on attend que l'Eglise reconnaisse sa responsabilité dans la propagation du virus du sida. Une maladie qui touche plus de 35 millions de personnes dans le monde et fera deux millions de morts cette année, selon Sidaction. « En prônant l'abstinence contre le préservatif, ils ont fait des dégâts considérables », déclare Act Up-Paris. Car si sur le terrain, les hommes et femmes d'Eglise distribuent des préservatifs, l'influence du discours officiel, incarné par Benoît XVI, fait des ravages, notamment en Afrique, assure l'association. De son côté, Eric Fleutelot n'attend pas de miracle. Et puisque, selon lui, la morale catholique ne parviendra pas à rejoindre la vérité scientifique, il préférerait que la première ne se mêle plus de sexualité. « Je ne leur demande pas l'impossible. Juste de lever l'interdit, puis de se taire. »