Décès du petit Younès: Les deux parents sont inculpés mais n'ont pas avoué

BELGIQUE Pour coups et blessures volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner...

C. F., J. M. et O. A. à Lille

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Le père de Younès, Mohamed Jratlou, le 9 novembre 2010, jour de sa mise en détention.
Le père de Younès, Mohamed Jratlou, le 9 novembre 2010, jour de sa mise en détention. — ©M. LIBERT / 20 MINUTES

Rebondissement dans l’affaire Younès. Les parents de l'enfant ont été inculpés pour coups et blessures volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner. «L'enquête n'est pas terminée», a cependant indiqué ce mardi Marie-Claude Maertens, la procureure de Tournai, précisant que la qualification est provisoire, et peut évoluer en cas d'éléments nouveaux.

Des traces de mains sur le visage de l'enfant

Les deux inculpés ont été placés en détention provisoire, et le frère de Younès a été placé. Pour l'heure «on n'a pas de preuve qu'il s'agisse d'un meurtre volontaire», a indiqué la procureure. Comme l'enquête l'avait révélé, des traces de mains ont bien été découvertes sur le visage de l'enfant. Mais selon Marie-Claude Maertens, «l'asphyxie n'est pas avérée».

L'inculpation a donc été prononcée sur la foi d'expertises récentes et de plusieurs faits, dont certains ont été récoltés lundi au cours d'une perquisition. Mais aucun témoignage n'a été produit au sujet de cette famille, qui n'est pas connue pour des faits de maltraitance, selon la procureure. Les parents de la petite victime n'ont d'ailleurs rien avoué, pas même les coups et blessures.

«Un drame familial comme il y en existe tant»

Contacté par 20minutes.fr, l'avocat de Mohamed Jratlou (le père de Younès) a indiqué qu'il «n'exclut pas qu'il puisse passer aux aveux. Maître Xavier Magnée s'est dit «rassuré car la dénomination de l'inculpation est très humaine». Dans le cas de figure envisagé par la procureure «on serait dans le cadre d'un drame familial comme il y en existe tant», a estimé l'avocat.

Selon la chaîne publique RTBF, les enquêteurs et la police scientifique se sont en effet rendus au domicile des parents de Younés lundi soir. Selon plusieurs témoignages, la chambre du petit Younes était éclairée. Des enquêteurs semblaient y travailler, précise la chaine de télévision. 

La thèse de l’accident de la route écartée

Younès Jratlou, un enfant 4 ans, avait disparu dans la nuit du 25 au 26 octobre du domicile familial à Comines (ouest de la Belgique), profitant d'une porte laissée ouverte pendant une dispute entre ses parents, selon le témoignage de son frère aîné, âgé de neuf ans.

Son corps avait été retrouvé le 11 novembre dans une rivière, la Lys, à environ 12 kilomètres de là, soit une distance trop longue pour qu'un garçonnet à peine vêtu puisse la parcourir seul, en pleine nuit de surcroît. L'une des hypothèses examinées par les enquêteurs était que le petit garçon avait été renversé accidentellement par un automobiliste qui aurait ensuite tenté de le faire disparaître dans le cours d'eau. Une thèse écartée au début de l’année par la justice belge.