Obama ne casse plus la baraque

De notre correspondant à Los Angeles, Philippe Berry

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Menacé d'un échec aux élections de mi-mandat, Barack Obama pourrait être contraint de recentrer sa politique.
Menacé d'un échec aux élections de mi-mandat, Barack Obama pourrait être contraint de recentrer sa politique. — L. DOWNING / REUTERS

Alors que les bureaux de vote ont ouvert hier pour les élections législatives de mi-mandat (les « midterms ») aux Etats-Unis, une vague républicaine est attendue sur Washington. Une seule inconnue : son ampleur. Barack Obama se prépare au choc. Mais il a déjà prévenu les indécis : en cas de victoire massive républicaine, gouverner sera « difficile ».

La participation sera-t-elle importante ? Près de 220 millions d'Américains sont appelés aux urnes. Cette année, la participation pourrait atteindre 41,3 %, selon une estimation de la George Mason University. Cela semble peu face aux 63 % de la dernière présidentielle, mais il s'agirait du meilleur chiffre depuis 1982 pour des « midterms ».
Pour quoi les Américains votent-ils ?
Essentiellement pour renouveler le Congrès. Contrairement à la France, la Chambre des représentants (l'équivalent de notre Assemblée nationale) est renouvelée à 100 % tous les deux ans. Le Sénat n'est renouvelé que pour un tiers, afin de garantir une certaine stabilité.Ainsi, 435 sièges de représentants et 37 de sénateurs sont en jeu. Trente-neuf Etats choisissent aussi leur gouverneur.
Que prédisent les sondages ? Une forte poussée républicaine, comme en 1994 sous Bill Clinton. Sauf surprise, les démocrates devraient perdre le contrôle de la Chambre. Pour le Sénat, en revanche, cela devrait se jouer à la photo finish. Le parti d'Obama devrait y conserver une très courte majorité.

Et après ? Obama sera forcé de recentrer sa politique, explique à 20 Minutes le politologue Samuel Popkin. Le stratège démocrate Garry South doute cependant que les républicains fassent le moindre cadeau au Président, surtout si une vingtaine d'élus sont issus du Tea Party. Ces derniers pourraient pousser à faire annuler la réforme de l'assurance-maladie. Le leader de la minorité républicaine au Sénat, Mitch McConnell, a annoncé la couleur. Selon lui, la principale mission des républicains, au cours des deux prochaines années, sera de « s'assurer que la présidence de Barack Obama se limite à un seul mandat ».