Fuite de documents sur la guerre en Irak: Wikileaks fait danser le Pentagone

MONDE La publication n'aura finalement pas lieu lundi mais «très bientôt»...

P.B. avec AFP

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Capture d'écran de la vidéo diffusée par le site Wikileaks montrant un raid d'un hélicoptère de l'armée américaine.
Capture d'écran de la vidéo diffusée par le site Wikileaks montrant un raid d'un hélicoptère de l'armée américaine. — DR

Selon Newsweek, ce sera «la plus importante fuite de matériel de renseignement» de l'histoire des services secrets américains. Mais le tsunami ne déferlera finalement pas ce lundi, comme annoncé dans la presse. «Les rumeurs sont incorrectes», a confié à l'AFP Kristinn Hrafnsson, un proche collaborateur du fondateur de Wikileaks, Julian Assange, promettant cependant que le site d'activistes fondé par un journaliste australien, des dissidents chinois, des mathématiciens et des experts en informatiques, publierait «quelque chose très bientôt». Il n'a pas confirmé qu'il s'agissait des 400.000 documents secrets de la guerre en Irak.

A défaut de trouver la taupe, cette fois-ci, c'est promis, le Pentagone ne sera pas pris de cours comme lors de la fuite sur l'Afghanistan de juillet dernier. Le département de la Défense a mobilisé 120 personnes chargées de mesurer l'impact potentiel et de jouer les pompiers le moment venu.

Dangers collatéraux?

Le Pentagone craint que les documents ne contiennent des informations liées à des attaques contre la coalition, les forces de sécurité irakiennes, les civils ou les infrastructures du pays, a précisé le colonel, soulignant que le Pentagone ne savait pas précisément combien de documents seraient publiés. Il a exhorté Wikileaks à rendre les documents à «son propriétaire légitime», l'armée américaine.

«Nous ne pensons pas que Wikileaks ou d'autres aient l'expertise nécessaire. Il ne suffit pas simplement d'enlever les noms (qui pourraient compromettre la sécurité des soldats ou collaborateurs de l'armée américaine). Il y a d'autres choses dans les documents qui ne sont pas des noms mais qui sont aussi potentiellement à risque», a dit le colonel Lapan.

Le directeur du renseignement a «honte»

James Clapper, directeur renseignement US, s'est fâché la semaine dernière. «J'étais à une réunion» avec Barack Obama, «et j'avais honte d'avoir à écouter le président exprimer sa grande préoccupation devant les fuites qui ont lieu dans cette ville», a-t-il lâché, dénonçant «les hauts responsables du renseignement anonymes» qui «prennent un malin plaisir à babiller avec les médias».

De son côté, le cofondateur de Wikipedia, Jimmy Wales, a rappelé que l'encyclopédie en ligne n'avait «rien à voir» avec Wikileaks. Selon lui, diffuser de tels documents est «irresponsable».