alliance cherche bouclier

Matthieu goar (avec afp)

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Un consensus s'est dégagé sur la nécessité d'un bouclier antimissile.
Un consensus s'est dégagé sur la nécessité d'un bouclier antimissile. — C. KASTER / AP / SIPA

Avant le sommet de Lisbonne du mois prochain, les discussions entre membres de l'Otan s'accélèrent. Hier, les vingt-huit ministres des Affaires étrangères et de la Défense se sont réunis à Bruxelles. Au menu : l'Afghanistan mais surtout le bouclier antimissile, un nouveau concept stratégique qui permettrait de protéger les membres de l'Alliance d'attaques balistiques. D'après les premiers échos à la sortie de la réunion, l'heure est plutôt à la convergence. « Nous nous orientons vers un consensus pour concéder que l'Otan devrait se doter d'une capacité de protéger les populations et les pays européens contre une attaque de missiles », a ainsi déclaré le secrétaire général de l'Otan, Anders Fogh Rasmussen.

Le regard des USA
Mais un différend entre la France et l'Allemagne sur les rôles respectifs de la dissuasion nucléaire et de la défense antimissile pourrait bloquer toute décision sur ces aspects cruciaux du projet. « Les Allemands pensent que le bouclier antimissile est un substitut à la dissuasion nucléaire, les Français qu'il ne peut en être qu'un complément vu son manque d'efficacité », a indiqué à l'AFP un diplomate français. La France, puissance nucléaire, n'est pas prête à voir son programme nucléaire affaibli par un le bouclier antimissile, consommateur de crédits militaires. Ce désaccord stratégique est évidemment observé de près par les Etats-Unis. Barack Obama promeut un désarmement nucléaire total. A Bruxelles, la secrétaire d'Etat américaine, Hillary Clinton, s'est réjouie de l'appui des alliés à cette option zéro. Fogh Rasmussen doit rencontrer aujourd'hui à Paris Nicolas Sarkozy pour avancer sur ce dossier.