Mineurs bloqués au Chili: un sauvetage médiatique, une victoire technologique

EVENEMENT Devant les caméras du monde entier, les mineurs ont été remontés un à un à la surface...

De notre correspondante au Chili, Claire Martin

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Ce mercredi 13 octobre à 0h10 heure locale et après plus de deux mois passés à 700 m sous terre au Chili, un premier mineur a enfin été remonté à la surface, accueilli par le président chilien Sebastian Pinera (D).
Ce mercredi 13 octobre à 0h10 heure locale et après plus de deux mois passés à 700 m sous terre au Chili, un premier mineur a enfin été remonté à la surface, accueilli par le président chilien Sebastian Pinera (D). — REUTERS

«J’ai été avec Dieu, et avec le Diable.» C’est par ces mots que Mario Sepulveda a tenu à expliquer devant la caméra ce qu’il avait vécu, entouré par sa famille, son épouse et ses deux enfants.

Rien d’étonnant à ce que Mario soit le seul mineur qui ait souhaité témoigner de son expérience, tranchant avec le silence des autres. En effet, Mario fut «le présentateur» de toutes les vidéos tournées dans la mine.

Pourtant, malgré les multiples propositions que l’homme drôle et sympathique a reçu pour devenir réellement présentateur à la télévision, il a immédiatement précisé avec sincérité: «Je veux continuer à être traité comme le Mario Antonio Sepulveda, travailleur, mineur. Je veux continuer de travailler parce que je crois que je suis né pour mourir sous le jumbo (la machine qui perfore dans la mine). Et fier de mon éducation.» Une réponse que beaucoup de mineurs ont dit qu’ils donneraient aux multiples propositions qu’ils ont reçues.

Une foi renforcée

Cette expérience n’a pas brisé leur amour pour la mine, un monde à part dans lequel ils ont l’habitude de vivre la moitié de leur temps depuis de nombreuses années pour la plupart.

Si Mario parle en termes religieux, c’est aussi parce que les 33 mineurs ont organisé dans leur tunnel plusieurs messes par jour, évangélistes et catholiques. Une foi, renforcée ou nouvelle pour certains, liée au miracle qu’ils ont vécu.

Après 69 jours à 700 mètres de profondeur, c’est extrêmement rapidement que sont remontés les  mineurs, faisant preuve d’une sérénité et d’une discipline incroyables. Si les autorités avaient prévu 48 heures, un jour et demi devrait finalement suffire pour faire remonter un à un les mineurs, à travers la nacelle montant à une vitesse d’un mètre seconde, l’équivalent d’un ascenseur.

Une victoire pour Pinera

Une victoire technologique et inédite, pour «un sauvetage qui n’a pas de comparaison dans l’histoire de l’humanité», comme l’a souligné le président Sebastian Pinera, qui a fait de cette histoire une aubaine politique. «Il est très facile de critiquer a posteriori, a défendu le ministre de la santé Jaime Manalich. Il aurait très bien pu trouver 33 cadavres lorsqu’il a décidé de tout mettre en oeuvre pour les retrouver.»

Quel que soit la réalité de son argument, le président a réussi à très bien utiliser la saga des 33 pour son propre bénéfice politique, aussi bien au niveau intérieur qu’au niveau international.

Outre le rapprochement d’avec la Bolivie, un pays en conflit permanent avec le Chili, le président Pinera n’est désormais plus un inconnu sur la scène internationale.

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