Le fils de Sakineh et son avocat arrêtés?

IRAN L'interpellation des deux journalistes allemands qui les interrogeaient a elle été confirmée...

Corentin Chauvel avec AFP

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20minutes.fr

Deux journalistes allemands accusés d'avoir interviewé le fils de Sakineh Mohammadi-Ashtini, l’Iranienne condamnée à la lapidation, ont été arrêtés en Iran, a annoncé ce lundi le procureur Gholam Hossein Mohseni Ejeie à des médias iraniens. «Les premiers éléments d'enquête montrent que ces gens sont entrés dans le pays comme touristes (...) et ont posé des questions au fils de Sakineh Mohammadi. Ces deux étrangers sont à l'heure actuelle en détention», a dit le procureur, cité par l'agence Isna. 

«L'enquête révèle que ces gens ne sont pas journalistes ou du moins il n'y a aucune preuve qu'ils le soient», a-t-il ajouté. En effet, Gholam Hossein Mohseni Ejeie a affirmé que les deux étrangers avaient été mis en contact avec la famille de Sakineh par un «fugitif», faisant probablement référence à la militante Mina Ahadi, porte-parole du Comité international contre la lapidation.

Le fils de Sakineh et son avocat arrêtés?

En fin de matinée ce lundi, le journaliste indépendant iranien, Armin Arefi et le philosophe français Bernard-Henri Lévy avaient affirmé que Sajjad Ghaderzadeh, le fils de Sakineh, et Houtan Kian, son avocat, «auraient été arrêtés dimanche par les autorités iraniennes dans la ville de Tabriz alors qu’ils effectuaient une interview avec deux journalistes allemands». 

Cette information leur a été donnée par Mina Ahadi, porte-parole du Comité international contre la lapidation, qui, depuis Francfort (Allemagne), assurait la traduction de l’interview par téléphone. «Le coup de fil a été brutalement interrompu alors qu’ils se trouvaient dans le cabinet de l’avocat de Sakineh», indique à 20minutes.fr Maria de França, rédactrice en chef de La Règle du jeu, la revue de Bernard-Henri Lévy. Elle précise que les deux Allemands étaient un journaliste et un photographe du quotidien Bild.

«Personne ne sait pour l’instant où les quatre hommes ont été emmenés»

«Sajjad (le fils de Sakineh) avait accepté de donner cette interview à condition qu'elle se tienne dans le bureau de l'avocat Houtan Kian. Je m'occupais à traduire l'interview quand, sur les coups de 17h, un incident s'est produit. Le journaliste allemand a alors demandé ce qu'il se passait et a été forcé de raccrocher. Depuis, les téléphones portables de Sajjad, Houtan Kian et des deux journalistes sont tous les quatre éteints», a raconté Mina Ahadi, citée par Armin Arefi.

Le journaliste iranien ajoute que le fils de Sakineh n’est pas rentré chez lui, les journalistes allemands non plus, et que le bureau de Houtan Kian a «été fermé par les autorités iraniennes». «Personne ne sait pour l’instant où les quatre hommes ont été emmenés», précise-t-il. «Je crois à 100% qu'ils ont été arrêtés (...) Mais nous ne savons pas où ils sont, dans quelle prison, ni si on les a conduits à Téhéran», a indiqué Mina Ahadi à l'AFP. Contacté par 20minutes.fr, le ministère des Affaires étrangères français n’a pour le moment donné aucune information à ce sujet.