L'épouse du prix de Nobel de la paix assignée à résidence par le gouvernement chinois

REPRESSION Liu Xia l'a annoncé sur Twitter après avoir rendu visite à son mari en prison...

J.C. avec AFP

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Liu Xia, l'épouse du prix nobel de la paix 2010, le 25 décembre 2009 à Pékin.
Liu Xia, l'épouse du prix nobel de la paix 2010, le 25 décembre 2009 à Pékin. — Ng Han Guan/AP/SIPA

La réaction de la Chine n’a pas tardé. L'épouse du dissident chinois Liu Xiaobo, prix Nobel de la paix 2010, a confirmé être assignée à résidence à Pékin, sans pouvoir être jointe par téléphone, dans un court message transmis par Twitter. «Mes amis, je suis de retour à la maison. Le 8 (octobre), j'ai été placée en résidence surveillée. J'ignore quand je serai en mesure de voir qui que ce soit», a indiqué Liu Xia dans ce texte apparu dimanche soir sur le service de microblogs.

«Aidez-moi à communiquer grâce à Twitter»

L'assignation à résidence de Liu Xia avait été déjà annoncée dimanche par l'organisation américaine de défense des droits de l'Homme Freedom Now. «Mon téléphone portable est hors d'usage et je ne peux ni recevoir ni donner des appels», a ajouté Liu, qui faisait l'objet d'une surveillance policière rapprochée ces dernières semaines.

Elle a précisé avoir rendu visite à son mari, incarcéré dans une prison dans le nord-est de la Chine, pour lui annoncer samedi qu'il s'était vu décerner vendredi le Nobel de la paix. «J'ai vu Xiaobo, et je lui ai dit le 9 (octobre) dans sa prison qu'il avait remporté le prix. Je vous en dirai davantage plus tard. S'il-vous-plaît, tous autant que vous êtes, aidez-moi à communiquer grâce à Twitter. Merci», poursuivait le message.

La police interdisait lundi aux journalistes d'approcher le domicile de Liu Xia à Pékin, selon un reporter de l'AFP sur place. Devant l'immeuble où elle réside étaient positionnés de nombreux policiers et gardes de sécurité, en civil ou en uniforme, qui vérifiaient les identités et filtraient les personnes entrant dans le bâtiment.

Liu Xiaobo, 54 ans, purge une peine de onze ans de prison après avoir été l'un des auteurs de la «Charte 08», un texte qui réclamait une Chine démocratique. Selon l'ONG Human Rights in China (HRIC), il a dédié son prix aux personnes mortes dans la répression du mouvement démocratique de la place Tiananmen de Pékin, déclenché par les étudiants en 1989.