Le journal des midterms: Meg Whitman et sa femme de ménage sans papiers, le chômage stagne...

POLITIQUE Chaque vendredi, retrouvez l'actualité des élections américaines de la mi-mandat...

Philippe Berry

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Nicky Diaz Santillan, lors d'une conférence de presse le 29 septembre 2010
Nicky Diaz Santillan, lors d'une conférence de presse le 29 septembre 2010 — REUTERS/M.ANZUONI

De notre correspondant à Los Angeles

Chaque vendredi jusqu'au scrutin du 2 novembre, 20minutes.fr fait un point hebdo sur l'actualité de la semaine écoulée.

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Mauvais chiffres de l'emploi

Les républicains se frottent les mains. Les chiffres sortis vendredi –les derniers avant l'élection– sont pires que prévu. L'économie américaine a perdu 95.000 emplois en septembre, avec un taux de chômage qui stagne à 9,6%. Il s'agit du 4e mois consécutif dans le rouge. Ils sont surtout plombés par des licenciements dans le public (159.000 postes, tandis que le privé en a créé 64.000), signe que l'embellie printanière était artificiellement soutenue par le plan de relance. Pour les experts, Obama n'a qu'une solution: marteler encore et encore que ce sont les républicains qui ont mis le pays dans le pétrin et que baisser les impôts comme Bush l'a fait n'est pas la recette miracle.

Meg Whitman et la femme de ménage sans papiers

Dans le genre casserole embarrassante, difficile de faire mieux que l'ex-PDG d'eBay, qui espère bien s'imposer en Californie. Depuis une dizaine de jours, elle est prise en plein Nikki Diaz-gate: pendant des années, la candidate républicaine a employé une femme de ménage sans papiers (avec des faux, plus exactement). Whitman jure qu'en n'en savait rien (elle est passé par une agence). Elle dit avoir aussitôt licencié son aide-ménagère mi-2009 quand elle l'a appris et affirme être prête à passer au détecteur de mensonges. Nicky Diaz accuse son ancienne patronne de mentir. Selon elle, le mari de Whiteman était au courant depuis 2002, comme le prouverait une lettre avec sa signature. Avec tout ça, son adversaire démocrate, le vétéran Jerry Brown, se trouve désormais en tête dans les sondages. Un enregistrement téléphonique accidentel pourrait cependant le desservir: pensant avoir raccroché, Jerry Brown entame une discussion avec son staff à propos d'un groupe important que le candidat drague. «Et si on leur expliquait que Meg Whitman est une salope», suggère un conseiller. «Je ne vais pas m'en priver», répond Brown. Classe.

Les ennuis du Tea Party

Le Tea Party, ce mouvement d'activistes très à droite, va-t-il coûter au parti républicain quelques précieuses victoires? Dans le Nevada, la course est aux couteaux entre le vétéran Harry Reid (patron des démocrates au Sénat) et Sharron Angle, une républicaine soutenue par le Tea Party. Coup de théâtre, vendredi: un influent sénateur républicain local, Bill Raggio, a apporté son soutien au candidat démocrate. «On ne peut pas fermer les yeux sur le CV» de Sharron Angle. Selon lui, au cours de ses mandats locaux, Angle a été «totalement inefficace, n'a jamais voulu travailler avec les autres, même au sein de son propre parti et adopte des positions extrêmes» sur de nombreux dossiers. Elle milite notamment pour que les Etats-Unis quittent l'ONU, que le ministère de l'Education soit supprimé et est anti-avortement, même en cas de viol ou d'inceste. Entre deux maux, Bill Raggio a choisi.