Brésil: Ça sent Rousseff à la présidence

ELECTION Le pays vote pour désigner son nouveau chef de l'Etat...

Armelle Le Goff

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La candidate à l'élection présidentielle brésilienne Dilma Rousseff le 3 octobre 2010 à Porto Alegre.
La candidate à l'élection présidentielle brésilienne Dilma Rousseff le 3 octobre 2010 à Porto Alegre. — Felipe Dana/AP/SIPA

Une ex-guérillera est en passe de devenir la première femme à diriger le Brésil, appelé à voter ce dimanche. Archi-favorite des sondages, Dilma Rousseff, la candidate du Parti des travailleurs (PT) et dauphine revendiquée de son prédécesseur Luiz Inacio Lula da Silva devrait lui succéder à la tête du pays.

Condamnée à six ans de prison

«Le fait qu’une femme accède à la magistrature suprême constitue un événement dans un pays qui compte moins de 10% de femmes politiques», considère Frédéric Louault, doctorant au Centre d’études et de recherches internationales (Ceri).

Surnommée la «dame de fer» pour son tempérament explosif et son énorme capacité de travail, Dilma Rousseff passe pour «une combattante», selon Anna Greissing, doctorante à l’Institut des hautes études de l’Amérique latine. Durant la dictature, en effet, elle est arrêtée à Sao Paulo en janvier 1970, condamnée à six ans de prison, mais finalement libérée à la fin 1972 sans avoir cédé à la torture.

Elle ne devrait pas révolutionner le pays, s’inscrivant dans la ligne de Lula, qui jouit d’une popularité record. Pourtant, les chantiers ne manquent pas au Brésil, qui, en deux mandats de Lula, a certes fait un bond économique, mais où les inégalités perdurent. «Les écarts entre le Nord, très pauvre, et le Sud, plus riche, restent trop importants», souligne ainsi Anna Greissing, qui pointe le déficit d’infrastructures du Nord.

Autre incertitude liée à Dilma Roussef, «son état de santé», qui interroge Frédéric Louault. L’année dernière, la candidate a dû subir un traitement contre un cancer.