Italie: Silvio Berlusconi joue son avenir devant la Chambre des députés

POLITIQUE Le président du Conseil italien leur pose la question de confiance...

C.C. avec AFP

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T.GENTILE / REUTERS

Coup de poker menteur du «Cavaliere»? Silvio Berlusconi remet en jeu son mandat ce mercredi soir en posant la question de confiance aux députés italiens. Mais afin d’être sûr de son coup, il a tout de même prononcé en fin de matinée un discours au ton conciliateur devant la Chambre, appelant à «retisser les fils de la cohésion nationale» et se montrant inhabituellement modéré.

«Nous devons repartir sans compromis au rabais. Chacun doit remplir son rôle avec responsabilité et respecter son adversaire», a déclaré Silvio Berlusconi, une allusion aux dissensions ayant provoqué cette situation. En effet, sa majorité de droite est divisée depuis cet été en raison d’un conflit personnel avec le président de la Chambre, son ex-allié Gianfranco Fini, qui a claqué la porte fin juillet du parti Peuple de la Liberté (PDL) qu'il avait cofondé avec le Cavaliere un an plus tôt.

Un débat «nécessaire et légitime»

Durant son intervention qui a duré près d’une heure et dans laquelle il a dévoilé son programme pour les prochains mois, Silvio Berlusconi a pris soin de ne mentionner à aucun moment Gianfranco Fini. Dans un geste d'apaisement, le chef du gouvernement italien a qualifié de «nécessaire et légitime» le débat au sein de la majorité et a estimé qu'«il n'y a pas de démocratie et de bon gouvernement sans un parlement libre et fort», répondant aux accusations de son ex-complice de ne pas respecter le rôle des différentes institutions.

Les dissidents convaincus

En conclusion de son discours, le Cavaliere a lancé un appel à «tous les modérés et réformateurs» y compris au sein de l'opposition, à «travailler ensemble». Un discours qui a porté, puisque les dissidents de la droite italienne de Gianfranco Fini ont annoncé, via leur chef de file à l'Assemblée. «Nous ne nous soustrayons pas à notre devoir. Nous avons la volonté de voir toute la législature se poursuivre» jusqu'en 2013, a déclaré Italo Bocchino. Un soutien de poids, qui devrait garantir à Silvio Berlusconi son maintien à la présidence du Conseil puisque les «finnistes», réunis au sein du groupe Futur et Liberté, comptent 34 députés.

Même l'opposition a noté le caractère rassembleur de son discours, après des semaines d'invectives entre les deux ex-alliés. Une sorte de gateau d'anniversaire pour Silvio Berlusconu qui fête ce mercredi ses 74 ans.