Cisjordanie: Mahmoud Abbas met la pression

NEGOCIATIONS Le président de l'Autorité palestinienne veut la prolongation du moratoire sur la colonisation israélienne en Cisjordanie...

M.P. avec AFP

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DON EMMERT

Où en seront les pourparlers de paix israélo-palestiniennes lundi matin? Bloqués, certainement, par la fin du moratoire israélien sur les colonisations en Cisjordanie, qui s'achève ce dimanche à minuit, alors que Mahmoud Abbas, le président de l’Autorité palestinienne réclame sa prolongation pour poursuivre les discussions. «Si Israël ne poursuit pas le gel de la colonisation, le processus de paix sera une perte de temps», a confirmé dimanche soir le Palestinien à l'issue d'une rencontre avec des représentants de la communauté juive de France à Paris.

Auparavant, le président palestinien avait annoncé que la Ligue arabe tiendrait le 4 octobre à sa demande une réunion sur la poursuite des négociations. «Le comité central du Fatah, la direction palestinienne et le Comité exécutif de l'OLP vont se réunir pour discuter de la poursuite des négociations au regard de la décision du gouvernement israélien au sujet du moratoire sur la colonisation, qu'elle soit positive ou négative, soit la prolongation du moratoire soit la reprise de la colonisation», avait-il dit.

«Compromis»

Mais le gouvernement du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou a exclu d’ores et déjà de prolonger ce gel partiel décidé il y a dix mois, tout en se disant prêt à un «compromis». Netanyahou a dans le même temps appelé les colons à «faire preuve de retenue et de responsabilité». Peine perdue. Sans attendre l'expiration officielle du moratoire, des militants de la colonisation l'ont célébrée au cours de deux cérémonies, posant notamment une première pierre symbolique d’une future crèche à Kiryat Netafim. «La mission du sionisme est de construire sur la terre d'Israël et nous allons reprendre cette mission dès ce soir», a affirmé Danny Dayan, le dirigeant de Yesha, la principale organisation des colons de Cisjordanie, pendant une manifestation dans l'implantations de Revava (nord de la Cisjordanie).

«Le gel est fini», s’est félicité Danny Danon, membre de l'aile ultra du parti Likoud de Benjamin Netanyahu, après que la foule rassemblant quelque 2.000 personnes, dont des députés de diverses formations de droite ou religieuses, eut lancé un compte à rebours au coucher du soleil. D’après des sources anonymes parmi les colons, Le bureau du Premier ministre a donné son accord au redémarrage de la construction à condition qu'elle ne soit pas trop visible.

La pression du Hamas

L'administration américaine poursuivait jusqu'à la dernière minute ses efforts pour conjurer l'effondrement prématuré des discussions, moins d'un mois après leur ouverture à Washington. «Nous allons continuer d'exhorter, exhorter, et faire pression toute la journée pour obtenir une résolution» sur la colonisation, a assuré David Axelrod, principal conseiller du président américain Barack Obama, qui a solennellement appelé à la poursuite du moratoire ainsi que des pourparlers. Le conseiller a indiqué que la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton maintenait le dialogue entre les deux camps en «espérant qu'ils continuent à négocier».

Mahmoud Abbas doit rencontrer lundi à Paris Nicolas Sarkozy et le Premier ministre François Fillon ainsi que le président du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), Richard Prasquier. Le Hamas, mouvement rival du Fatah d’Abbas et  qui contrôle Gaza, a lui mis la pression sur le président de l’Autorité palestinienne. «Face à l'arrogance des sionistes», Mahmoud Abbas devait «immédiatement se retirer de ces négociations et annoncer leur fin», a-t-il estimé.

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