Départs en série dans l'administration Obama

ETATS-UNIS Certains étaient prévus, d'autres pas. De quoi donner des munitions aux républicains pour les élections de mi-mandat, le 2 novembre...

Philippe Berry avec AFP

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Le président américain Barack Obama, à la Maison Blanche, le 20 janvier 2010.
Le président américain Barack Obama, à la Maison Blanche, le 20 janvier 2010. — Charles Dharapak/AP/SIPA

De notre correspondant à Los Angeles

Les républicains avaient appelé le président américain à «virer» toute son équipe économique, notamment face au marché de l'emploi qui ne décolle pas. Ils ont presque été exaucés: au cours des dernières semaines, quatre piliers de l'administration Obama ont démissionné. Le plus haut placé, le Secrétaire au Trésor Tim Geithner, reste cependant à la barre. Une cible idéale pour John McCain et les siens pour les élections de mi-mandat, le 2 novembre, lors desquelles ils espèrent bien reconquérir la Chambre des représentant, et peut-être même le Sénat.

Départ le plus emblématique: celui de Larry Summers, directeur du Conseil économique national et principal conseiller du président. Summers fut l'un des artisans du plan de relance de près de 800 milliards de dollars et avait déjà servi sous Bill Clinton comme secrétaire au Trésor. Il a annoncé mardi qu'il quitterait son poste à la fin de l'année pour retourner enseigner à Harvard.

Dès le début, Summers avait indiqué qu'il pourrait n'effectuer qu'une pige et ne pas rester 4 ans. Suite au maintien de Ben Bernanke à la tête de la Fed –un poste que Summers convoitait– ses relations avec Obama se seraient dégradées, selon la presse américaine.

Obama tente de minimiser l'importance des départs

«Je serai toujours reconnaissant du fait qu'à un moment de graves périls pour notre pays, un homme qui avait l'éclat, l'expérience et le jugement de Larry fut volontaire pour répondre à l'appel et diriger notre équipe économique, a commenté Obama. «Même s'il nous reste beaucoup à faire pour réparer les dégâts causés par la récession, nous sommes sur une meilleure voie grâce en grande partie aux conseils avisés de Larry», a-t-il ajouté.

Obama peut tourner le problème dans tous les sens: un départ annoncé à cinq semaines des élections de mi-mandat sonne comme un constat d'échec, alors que seuls 41% des Américains approuvent la politique économique de son administration.

Réponse républicaine

Pour ne rien arranger, trois autres cadres de son équipe économique ont également annoncé leur démission: Peter Orszag, directeur du budget de la Maison Blanche, Christina Romer, présidente des conseillers économiques de Barack Obama, et Herbert Allison, sous-secrétaire adjoint au Trésor chargé de la stabilité financière (dont la mission principale devait de toute façon s'achever le 3 octobre).

Ne reste donc que le plus haut placé, Timothy Geithner, très critiqué pour son manque de clarté et qui n'a jamais mis la barre vers direction claire: les économistes libéraux le trouvent trop frileux, les conservateurs, trop dépensier. Les républicains, par la voix de John Boehner, fustigent «des dépenses massives sans aucun autre résultat que celui de creuser les déficits.»

Mercredi, en dévoilant leur programme électoral baptisé «la Promesse pour l'Amérique», les républicains ont fait leur mea culpa des années Bush. Ils ont surtout promis de mettre fin aux dépenses de sauvetage de l'économie, de maintenir les baisses d'impôts pour tout le monde (y compris les plus riches) et de geler les dépenses budgétaires non stratégiques. Un refrain des plus classiques, mais qui pourrait suffire à séduire les électeurs déçus par l'administration Obama.