Le MI6 espionnait aussi l'entourage du général de Gaulle

HISTOIRE Selon l'auteur d'un livre publié mardi, et qui retrace l'histoire des services secrets britanniques...

J.R.

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L'historien Keith Jeffery présente son ouvrage "MI6", écrit à partir de 40 années d'archives
L'historien Keith Jeffery présente son ouvrage "MI6", écrit à partir de 40 années d'archives — Andrew Winning / REUTERS

Grande première. Le MI6, le célèbre service de renseignements britanniques, a ouvert ses archives à l’historien Keith Jeffery, auteur du livre «MI6» sorti mardi au Royaume-Uni.

L’écrivain s’est ainsi plongé dans 40 ans d’archives, «le Saint Graal des archives britanniques», afin de nourrir son ouvrage, explique RFI. Et il ressort de nombreuses anecdotes de ce pavé de 800 pages.

Méfiance à l’égard de Charles de Gaulle

Selon le livre «MI6 », les agents de sa Majesté ont espionné de Gaulle et son entourage pendant la Deuxième Guerre mondiale. «En 1941, les relations avec les Français étaient extrêmement tendues», rappelle l’historien. Le MI6 était tellement méfiant qu’il espionnait les responsables de la France libre, comme le général Georges Catroux, un des fidèles du général de Gaulle.

Plusieurs renseignements le concernant ont même été transmis directement au Premier ministre britannique Winston Churchill. Selon un agent du MI6, cité par Keith Jeffery, traiter avec les résistants français c’était «comme essayer de vivre en bonne intelligence avec une femme jalouse susceptible et autoritaire».

De bons liens avec Vichy

Les archives jettent également une nouvelle lumière sur les relations entre Londres et Vichy. «Les liens du MI6 avec les renseignements français étaient tellement bons avant-guerre que le MI6 avait encore de bons contacts avec le réseau de Vichy», écrit l’auteur. Certains agents prévenaient les services secrets britanniques d’opérations visant les résistants.

Le MI6 avait toutefois renoncé à son projet d’assassinats coordonnés de nazis en France. En revanche, si les résistants veulent «assassiner des Allemands ou des collaborateurs, nous ne devrions pas les en décourager», avait estimé le chef du MI6 Stewart Menzies.