Polémique sur les Roms: Viviane Reding exprime ses «regrets» mais ne s'excuse pas

EUROPE La commissaire européenne à la Justice a estimé mardi être sortie «renforcée» de la polémique provoquée par ses critiques virulentes contre les renvois de Roms par la France...

Source AFP

— 

STR/AFP

Viviane Reding met les choses au point. «Lorsqu'un homme tape du poing sur la table, c'est jugé viril, il se défend. Si une femme tape du poing sur table elle est hystérique», a-t-elle regretté, signifiant ainsi avoir eu le sentiment d'être vilipendée avec excès.

La commissaire européenne à la Justice Reding s'exprimait au cours d'une conférence de presse au Parlement européen pour sa première intervention publique depuis ses propos controversés du 14 septembre. Elle avait alors menacé Paris de poursuites en justice en comparant les renvois de Roms par Paris avec les déportations de la Deuxième Guerre mondiale. Un parallèle qui lui a valu le courroux de la France et les critiques de tous les dirigeants des pays de l'Union européenne.

Décision le 29 septembre contre la France

Sur le fond en revanche, la plupart des chefs d'Etat et de gouvernement l'avaient soutenue, jugeant que la Commission était dans son droit en demandant des explications à la France.

Interrogée au Parlement européen pour savoir si elle n'était pas trop affaiblie après les critiques à son égard, Viviane Reding a répondu par la négative. «Je pense que cela m'a renforcée» au contraire, a-t-elle dit.

Et sur la forme, elle a seulement réitéré ses «regrets», sans vouloir s'excuser explicitement. Et en laissant entendre que la controverse autour de son parallèle avec la déportation avait peut-être servi d'écran de fumée pour dissimuler le vrai problème sur les renvois de Roms. «J'ai dit (...) que je regrettais beaucoup le fait que mes phrases ont été déformées de telle sorte que certaines personnes se sont senties offensées, probablement pour ne pas se concentrer sur le vrai problème, et à la place de discuter de problèmes annexes n'ayant rien à avoir» avec les Roms, a-t-elle insisté.

Elle a averti que sa volonté restait intacte de vérifier si les renvois de Roms roumains et bulgares par la France n'avaient pas enfreint la législation européenne. La Commission, qui analyse actuellement le cas français, devrait prendre une décision le 29 septembre sur le lancement ou non de deux procédures d'infraction contre la France pour non-respect de la législation européenne.