Otages au Niger: Les recherches s’intensifient

TERRORISME Les otages auraient été victimes d’une «trahison»...

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Le site Areva d'Arlit, au Niger, en 2005.
Le site Areva d'Arlit, au Niger, en 2005. — AFP PHOTO / FILES / PIERRE VERDY

La France a intensifié ses recherches lundi, pour retrouver les sept otages - cinq Français et deux Africains – enlevés jeudi 16 septembre au Niger et transférés depuis au Mali. Une base opérationnelle à Niamey, composée de 80 hommes, effectue des missions aériennes de reconnaissance pour «détecter les émissions radio et tout signe électro-magnétique pour tenter de localiser les preneurs d’otages», selon une source proche du dossier. Il s’agit d’une mission de «recherche et de renseignement» toujours selon cette source et non d’une mission opérationnelle.

«Tous les moyens sont mis en oeuvre pour qu’ils soient libérés au plus vite», a déclaré lundi après-midi François Fillon, dans un discours tenu à huis clos devant la première promotion de l’Académie du renseignement. Les otages, pour la plupart des salariés d’Areva, seraient désormais retenus dans le nord-est du Mali, dans une zone montagneuse du désert, adossée à l'Algérie, selon différentes sources dans la région. Une information confirmée lundi par le porte-parole du gouvernement nigérien. Celui-ci a précisé que les militaires français présents au Niger sont «d’appoint». «Nous considérons (les enlèvements) comme une gifle et tout ce qui peut nous servir d'appoint pour régler la situation est le bienvenu», a-t-il ajouté, se refusant à donner des «détails sur l'aide française».

Aqmi, une piste «hautement probable»

Les ravisseurs d'Al-Qaida au Maghreb islamique (Aqmi), qui sont soupçonnés d'avoir enlevé les sept personnes «bougent beaucoup avec leurs otages», selon un militaire malien proche du dossier. Mais lundi, Paris n’avait toujours reçu «aucune revendication, ni aucune preuve de vie» des otages, d’après le Quai d’Orsay. Pour autant, l’hypothèse Aqmi reste «hautement probable» pour le ministère des Affaires étrangères.

Ce lundi, l’heure était à la polémique entre le Niger et Areva. Le Niger a réaffirmé qu’«Areva a fait le choix d'assurer elle-même la sécurité de ses agents à travers des services de sécurité privée» et que le groupe avait refusé une offre du gouvernement nigérien pour assurer la sécurité des salariés. Un porte-parole d'Areva a affirmé lundi n'avoir jamais «refusé» une aide de Niamey, mais a reconnu qu'il y avait «sans doute eu un ensemble de complicités, de défaillances», lors de la prise d'otages.

«Une trahison»

Le conseiller sécurité d’Areva dans le pays, le colonel Jacques Hogard, parle lui d’une «trahison». Les preneurs d'otages «ont bénéficié d'une excellente information au sein du groupe Areva, c'est clair. On peut même appeler cela une trahison», a-t-il déclaré. D’après l’expert, les preneurs d’otages ont loupé leur cible initiale, qui était au départ «une mission d'information qui venait de France et d'étranger» et qui «devait se rendre sur le site d'Imouraren», dans le nord du Niger, où se trouve le site d’une future mine géante développée par Areva.

Même jugement d’une source proche du dossier: «Cet enlèvement n'a pu être organisé qu'avec d’évidentes complicités locales, je dirais même de trahisons, y compris au sein des sociétés du groupe Areva elles-mêmes», affirme de son côté la source proche du dossier. «On a pour le moins une énorme carence des forces de sécurité (nigériennes). Ils ont mal fait leur boulot», a jugé de son côté Gilles Denamur, ancien responsable de la sécurité des mines d'Areva au Niger. «D'après mes sources, des "barbus" étaient dans Arlit depuis deux ou trois jours», et n’ont été «détectés par personne» dans cette ville minière isolée, en plein désert nigérien, où tout se sait très vite.