A l'ONU, Sarkozy plaide pour une taxe sur les transactions financières

MONDE Le chef de l'Etat a également annoncé une hausse de 20% au Fonds mondial de lutte contre le Sida, le paludisme et la tuberculose...

M.P. avec AFP

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LIONEL BONAVENTURE/AFP

A l’Assemblée générale de l’ONU, Nicolas Sarkozy a tenu lundi un discours express. Moins de dix minutes montre en main. Assez pour annoncer une hausse de 20% de la contribution financière de la France au fonds mondial de lutte contre le Sida, le paludisme et la tuberculose au cours des trois prochaines années et plaider pour l’adoption d’une taxe sur les transactions financière pour financer les objectifs du millénaires pour le développement (OMD).

«La crise est sévère chez les pays riches. Elle créé du déficit mais la crise a des conséquences bien pires pour les pays pauvres (...) nous n'avons pas le droit de nous abriter derrière une crise économique pour faire moins», a expliqué Nicolas Sarkozy à la tribune du siège de l’ONU, à New York.  «Nous avons pris la décision, alors que nous sommes le deuxième contributeur du Fonds mondial de lutte contre le Sida, le paludisme et la tuberculose (...) d'augmenter notre contribution de 20% les trois prochaines années», a lancé le chef de l’Etat français, dont l’épouse est ambassadrice de bonne volonté du Fonds mondial, appelant tous les autres pays à faire de même. L’aide annuelle française passera donc de 300 millions d’euros par an à 360 millions d’euros par an.

«Pourquoi attendre?»

Lors de son intervention, Nicolas Sarkozy en a surtout profité pour appeler l’ONU à adopter la taxe universelle sur les transactions financières. «Les financements innovants, la taxation des transactions financières, nous pouvons le décider ici. Pourquoi attendre? La finance s'est mondialisée, au nom de quoi nous ne demanderions pas à la finance de participer à la stabilisation du monde en prélevant sur chaque échange financier une taxe?», a demandé Nicolas Sarkozy. 

«J'essaierai, pendant l'année de ma présidence du G20 et du G8, de promouvoir l'idée des financements innovants», a-t-il prévenu. C’est l’un des moyens, selon Nicolas Sarkozy, de financer les objectifs du millénaire pour le développement (OMD), adoptés en 2000 et selon lesquels la pauvreté doit être réduite de moitié d’ici 2015.

Outre cet objectif, les OMD consistent à assurer l'éducation primaire pour tous, promouvoir l'égalité des sexes, réduire la mortalité infantile, améliorer la santé maternelle, combattre le Sida, le paludisme et d'autres maladies, préserver l'environnement et mettre en place un partenariat mondial pour le développement.