des Objectifs loin d'être atteints

Faustine Vincent

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Nicolas Sarkozy, samedi à New York.
Nicolas Sarkozy, samedi à New York. — SIPA USA / Sipa

Peut mieux faire. Le bilan des progrès réalisés sur les Objectifs du Millénaire pour le développement, étudié à partir d'aujourd'hui et jusqu'à mercredi lors d'un sommet à New York en présence de Nicolas Sarkozy, est « mitigé », selon Fabrice Ferrier, coordinateur France de la Campagne du millénaire. Ces objectifs avaient été fixés en 2000 et visent à réduire de moitié la pauvreté extrême dans le monde d'ici à 2015, assurer l'éducation primaire pour tous, promouvoir l'égalité des sexes, réduire la mortalité infantile et améliorer la santé maternelle, combattre le sida et le paludisme, préserver l'environnement et mettre en place un partenariat mondial pour le développement.

De « sérieux déficits »
Des progrès ont certes été réalisés : 1,8 milliard de personnes vivaient sous le seuil de pauvreté en 1990 contre 1,4 milliard aujourd'hui. La mortalité infantile a elle aussi baissé, passant de 12,6 millions de décès en 1990 à 9 millions en 2007. Le taux de scolarisation a quant à lui progressé, de 83 % en 2000 à 88 % en 2007 dans les pays en développement. Mais les efforts restent insuffisants. Un rapport de l'ONU publié jeudi met en garde contre de « sérieux déficits » par rapport aux engagements pris en 2005 lors du sommet de Gleneagles. Il manque 20 milliards de dollars par rapport au niveau d'aide annuel promis il y a cinq ans, dont 16 milliards rien que pour l'Afrique. Autre constat inquiétant : les pays les plus pauvres ne sont pas les premiers bénéficiaires de l'aide au développement. Ils n'ont reçu que 0,09 % du revenu national brut (RNB) des pays donateurs en 2008, au lieu des 0,15 % promis. De son côté, la France, qui s'était engagée à consacrer 0,5 % de son RNB en 2007 et 0,12 % en 2012, n'en est qu'à 0,43 % aujourd'hui. Or, la déclaration finale du sommet, déjà rédigée et fruit d'un compromis onusien, ne comporte aucun engagement chiffré ni calendrier.

démographie

Soigneusement ignorée, la démographie est pourtant intimement liée aux problèmes de pauvreté. Une forte pression démographique met à rude épreuve les infrastructures, la santé et l'éducation. Or, la population mondiale, aujourd'hui à 6,8 milliards, pourrait dépasser les 9 milliards en 2050.