Français enlevés au Niger: la sécurité des expatriés est-elle bien assurée?

ENLEVEMENT Areva avait choisi de la confier à des agents privés non armés selon le gouvernement nigerien...

C. F. avec AFP

— 

Un militaire en faction, au Niger.
Un militaire en faction, au Niger. — REBECCA BLACKWELL/AP/SIPA

Polémique sur la sécurité des expatriés français. Alors que l'enlèvement de cinq Français en zone sécurisée soulève de nombreuses questions, la société Areva a révélé que les agents et gardiens employés sur son site à Arlit n'étaient pas armés, comme l'a indiqué ce dimanche à l'AFP une porte-parole du groupe nucléaire public. Laquelle a précisé que cette disposition relevait d'un accord avec le gouvernement nigérien, qui assurait la présence à Arlit de 350 gendarmes et militaires qui eux étaient armés.

En réponse, le porte-parole du gouvernement nigérien a indiqué que c'était le groupe Areva qui avait choisi de confier la sécurité de son personnel à Arlit à «des agents privés pas armés» plutôt qu'aux militaires. «Il y a moins de deux mois, le gouvernement avait fait à Areva la proposition de prendre en charge la sécurité de ses agents» par le biais des «Forces de défense et de sécurité» (FDS: armée, gendarmerie, police), a déclaré le porte-parole du gouvernement Laouali Dan Dah, joint par l'AFP depuis Abidjan. «C'est Areva qui a fait le choix d'assurer la sécurité de son personnel, ce qui n'est pas le cas d'autres opérateurs (miniers dans le pays)», a-t-il poursuivi.

L'armée présente selement sur les sites d'extraction

L'armée est seulement présente à Arlit pour protéger les sites d'extraction d'uranium, qui sont «stratégiques», a-t-il expliqué. «Qu'elle (Areva) ne rejette pas la responsabilité sur le gouvernement», a lancé le porte-parole. «Si les ravisseurs ont pu opérer avec cette facilité, c'est parce que, entre autres, la sécurité du personnel était assurée par des agents privés qui n'étaient pas armés», a-t-il estimé.

Un salarié d'Areva basé sur le site avait affirmé à l'AFP, sous couvert d'anonymat, que les «hommes en civil employés par des sociétés de gardiennage privées», «postés devant les domiciles» durant la nuit, «ne possèdent ni armes ni gourdins». Dimanche, le père d'un des otages a confié sur RCI Martinique que son fils ne se sentait pas en sécurité.

«Aucun dispositif sérieux de sécurité»

L'ancien ministre nigérien de l'Intérieur Idi Ango Omar a mis en cause samedi la protection des salariés d'Areva à Arlit, assurant qu'il n'y avait «aucun dispositif sérieux de sécurité» autour de leurs domiciles.

Les groupes français Areva et Vinci ont entrepris d'évacuer tous leurs expatriés du nord du Niger, après l'enlèvement jeudi de cinq Français et deux Africains à Arlit, où Areva extrait de l'uranium. Les otages se trouveraient désormais au Mali. Paris et Niamey soupçonnent Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi).