Sarkozy droit dans ses bottes devant l'UE

POLITIQUE A Bruxelles, le chef de l'Etat a défendu la position de la France sur la question des Roms...

Vincent Vantighem

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ERIC FEFERBERG/AFP

De Bruxelles à Paris, en ce moment, tout le monde parle des Roms. Vivement critiqué depuis plusieurs semaines, Nicolas Sarkozy s’est rendu, ce jeudi, au sommet de l’Union européenne, pour défendre la position de la France sur cette question. Interrogée à la tribune, il a commencé par tancer Viviane Redding. La commissaire européenne a été contrainte de s’excuser après avoir fait un parallèle entre l’expulsion de Roms et la Seconde guerre mondiale. «L’avantage, quand on sait maîtriser son expression, c’est qu’on a pas besoin de s’excuser après», a ironisé le chef de l’Etat.

Démenti par Angela Merkel

Assailli de questions par ses partenaires européens à l’heure du déjeuner, Nicolas Sarkozy assure qu’il a «gardé son calme» pour répondre. Il valait mieux: le Président a annoncé que le démantèlement de campements illicites allait se poursuivre en France. Angela Merkel, la Chancelière allemande qui prévoit elle-aussi d’expulser prochainement 12.000 Roms, l’aurait même soutenu dans sa démarche. Une affirmation démentie avec force par Berlin. La chancelière allemande n'a pas parlé de camps de Roms en Allemagne avec Nicolas Sarkozy, «ni lors du Conseil européen, ni lors d'entretiens en marge», a déclaré son porte-parole jeudi soir à Berlin, récusant ainsi des propos du président français.

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«La France a toujours agi et continuera d’agir dans le strict respect du droit européen», a martelé le chef de l’Etat. Certes, il y avait bien cette fameuse circulaire du 5 août, dont la teneur visant «en priorité» les Roms pouvait être «mal interprétée». Mais elle a été remplacée par un autre document non discriminatoire.

L’UE ne doit «pas fermer les yeux»

Pour preuve, Nicolas Sarkozy a annoncé que des opérations de démantèlement avaient tout aussi bien visé des Soudanais ou des Vietnamiens cet été. Après des semaines de polémiques virant quasiment ces derniers jours à la zizanie, Nicolas Sarkozy a appelé chacun à revenir à la normale et au calme. «La question des Roms est trop importante pour que l’Europe ferme les yeux. Y compris la Roumanie.» Reste encore à trouver ce que le président roumain Basescu appelle «une réponse intelligente».

Bilan chiffré

Le président Sarkozy a profité de l’occasion pour dresser le bilan des opérations de démantèlement réalisées depuis son discours de Grenoble. Il a assuré ainsi que près de 500 camps ont été vidés: 355 étaient occupés par 23.000 gens du voyage ; 199 par 5.400 Roms et 7 par des ressortissants de pays hors de l’Union européenne. De son côté, Eric Besson, le ministre de l’Immigration, a annoncé que 1.700 Roumains et Bulgares avaient été renvoyés chez eux.