Le Sahel, une vaste zone de trafics

TERRORISME le point sur la région dans laquelle des Français ont été enlevés...

Armelle Le Goff

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C’est une zone grande comme quatre à cinq fois la France. Une zone désertique où les États sont faibles, les frontières poreuses et où prospèrent de nombreux trafics (armes, drogues, etc.). Les prises d’otages y sont fréquentes. Et, depuis 2009, exclusivement le fait d’Al Qaïda au Maghreb islamique (AQMI). Jusqu’à présent néanmoins jamais AQMI n’avait visé les personnels d’entreprises étrangères telles qu’Areva et Satom (une filiale de Vinci). «En l’absence de revendications, il reste donc probable que la guérilla touarègue nigérienne soit à l’origine du rapt», souligne Jean-Fraçois Daguzan, de la Fondation pour la recherche stratégique.

La menace terroriste contre les intérêts français est forte

Mais l’hypothèse AQMI repose notamment sur ses menaces répétées à l’encontre de la France aux lendemains de l’exécution de Michel Germaneau, en juillet dernier. La «menace s’est réellement renforcée ces derniers jours et ces dernières heures», a reconnu ce jeudi le ministre de l’Intérieur Brice Hortefeux. A l’origine de la colère d’AQMI un raid mené conjointement par Nouakchott et Paris sur un camp djihadiste au Mali. Repoussée par les gouvernements marocains et algériens, AQMI a trouvé dans la bande sahélienne une aire de repli inespérée et n’entend sans doute pas s’en voir déloger si facilement.

L’organisation djihadiste ne compterait dans la région qu’une centaine de combattants extrêmement mobiles et répartis en deux katibas répondant aux ordres de Mokhtar Belmokhtar et Abdelhamid Abou Zeïd, selon Mathieu Guidère, expert en terrorisme islamiste et auteur des Nouveaux terroristes (Éditions Autrement), mais, à la faveur de complicités locales, elle a réussi à mettre en place une industrie du kidnapping aussi lucrative que porteuse médiatiquement. Si elle est effectivement à l’origine de l’enlèvement d’Arlit, qui vise un intérêt majeur de la France dans la région, elle aura encore fait monter la menace d’un cran.