Le «balconing», un jeu mortel

ESPAGNE Une trentaine d'accidents ont été dénombrés cet été...

Armelle Le Goff

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Pour enrayer la pratique, certains hôtels des Baléares font patrouiller des vigiles.
Pour enrayer la pratique, certains hôtels des Baléares font patrouiller des vigiles. — S. HEATON / SUPERSTOCK / SIPA

Cousin du «jackass» – un jeu idiot qui consiste à exécuter des cascades dangereuses –, arrosé de «binge drinking» – cette mode britannique qui consiste à s'hyperalcooliser – le «balconing» aurait fait des ravages cet été en Espagne. Le principe? Sauter dans la piscine de son hôtel depuis… le balcon de sa chambre. Les spots les plus courus des adeptes de ce jeu extrême? Les stations balnéaires d'Ibiza et Palma de Majorque, aux Baléares (Espagne). Filmée par des camarades de jeu hilares, la performance est ensuite mise en ligne. Car sur Internet, les adeptes du «balconing» ont leurs lieux de rencontres: sites, blogs, forums. Ils auraient même une idole: le musicien argentin Charly Garcia à l'origine du phénomène après avoir plongé dans la piscine depuis le 9e étage de son hôtel en Argentine.

Patrouille de vigiles dans les hôtels

Depuis le début de l'été, une trentaine d'accidents ont été dénombrés dont, d'après la presse espagnole, six mortels. Le week-end dernier, un Italien de 26 ans est mort après avoir tenté de plonger du septième étage d'un hôtel dans une piscine, à Playa d'en Bossa, à Ibiza. Pour le moins dangereux, le «balconing» fait paniquer les hôteliers.

Dans les stations balnéaires de Magalluf, El Arenal, Palma Nova, Alcudia et Playa d'en Bossa à Ibiza, certains font désormais patrouiller des vigiles et obligent les vacanciers, considérés comme «à risque», à séjourner en rez-de-chaussée. Ils envisageraient même de sécuriser les balcons de leurs établissements. Refusant de parler de «phénomène», la conseillère chargée du tourisme et du travail aux Baléares, Joana Barceló, a toutefois tenu à dédramatiser la situation, affirmant qu'il ne fallait pas faire une généralité de cas isolés.