Peter-Hans Kneubühl, le «Jean-Pierre Treiber» suisse?

FAIT-DIVERS L'homme est en fuite depuis mercredi...

Oriane Raffin

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Les forces de l'ordre suisses sont à la recherche d'un forcené, à Bienne, jeudi 9 septembre 2010.
Les forces de l'ordre suisses sont à la recherche d'un forcené, à Bienne, jeudi 9 septembre 2010. — REUTERS/Pascal Lauener

Les médias suisses le surnomment «le mathématicien fou» ou encore le «forcené de Bienne». Ce marginal de 67 ans, habitant à Bienne, en Suisse, sème la terreur depuis mercredi. Ce jour-là, alors que sa maison devait être vendue aux enchères pour rembourser ses dettes, Peter-Hans Kneubühl, décide de se retrancher chez lui. Devant la maison, il a installé un petit panneau, selon Le Parisien: «Cette maison n’est pas à vendre».

Alors que des unités de police se rendent chez lui pour négocier, l’homme ouvre le feu. Dans la nuit de mercredi à  jeudi, il blesse grièvement un policier, avant de s’enfuir, armé de son fusil. En ville? Dans la forêt? Personne ne le sait. Plusieurs centaines de policiers et de militaires sont mobilisés depuis pour le retrouver, avec hélicoptère et chien. En vain.

Ne pas «commettre une injustice pour réparer une injustice»

Le lendemain, dans la nuit, l’homme de deux mètres de haut, barbe et cheveux blancs, refait une apparition dans son quartier. Il tire de nouveau en direction de policiers, qui répliquent. L’homme se fait la malle à nouveau, avec toute la police suisse à ses trousses.

Un proche de Peter-Hans Kneubühl résidant à l’étranger a même fait le déplacement, relate la police suisse. Un message audio diffusé sur Internet ainsi qu’une lettre appellent l’homme à se rendre et à ne pas «commettre une injustice pour réparer une injustice».

«Préparé à un conflit armé avec la police»

S’il communiquait très peu avec ses proches, le retraité tenait un journal intime, précise 20minutes.ch. Il y a tout planifié, jusqu’à sa mort, précise le site Internet. «Il s'est préparé depuis des années à un conflit armé avec la police», explique Matthias Herter, chef du groupe de négociations de la police bernoise.

Et parmi les forces de l’ordre, la tension est palpable. A tel point qu’un sexagénaire, ressemblant vaguement au fugitif, a été plaqué au sol puis amené au poste pour la nuit, alors que, curieux, il était allé faire un tour vendredi soir dans la rue de l’homme, raconte la Tribune de Genève.

«Notre Jean-Pierre Treiber national»

Dans son quartier, Peter-Hans Kneubühl passe pour un marginal. Une voisine, citée par le Parisien, le décrit comme «un homme discret et très secret. Un solitaire». «On ne l’aperçoit presque que la nuit. Il arrive toujours à pied, avec parfois une serviette en cuir, et se met à travailler avec une lampe torche dans son jardin», poursuit-elle.

Ancien ingénieur mathématicien de haut rang, il a enseigné à Bienne avant d’être licencié car il refusait de «s’adapter aux exigences technologiques de l’informatique», relate Le Temps. A la mort de ses parents, il se retranche dans la maison de son enfance et vit seul, en marginal.

Un marginal qui effraie, puisque ce lundi, l’école située à proximité de la maison de Peter-Hans Kneubühl est restée fermée. Sur Internet, l’histoire amuse. Une page a été créée sur Facebook, réunissant déjà plus de 1.300 fans. Un groupe associé se veut un «groupe de soutien à Peter-Hans Kneubühl, notre Jean-Pierre Treiber national». La Suisse est en alerte et s’attend déjà à voir sortir un film tiré de l’histoire.