« Le dossier dutroux de l'église »

Vincent Vantighem

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L'ancien évêque de Bruges est le premier a avoir démissionné après un scandale pédophile.
L'ancien évêque de Bruges est le premier a avoir démissionné après un scandale pédophile. — P. MAENHOUDT / AP /SIPA

rande cause. Petit effet. L'ancien évêque de Bruges Roger Vangheluwe a annoncé, hier, sa retraite « en toute discrétion » hors de son diocèse. En avril dernier, il avait été le premier évêque belge à reconnaître son passé de pédophile. Son neveu mineur avait ainsi été abusé pendant treize ans. Dans la foulée, l'Eglise belge avait incité toutes les victimes à témoigner auprès d'une commission ad hoc. Elle n'a pas été déçue.

Aucune congrégation n'y échappe
Rendu public vendredi, le rapport de cette commission fait état de 475 plaintes pour abus sexuels, commis dans le cadre d'une relation pastorale. La plupart des faits sont prescrits, mais le choc en Belgique est violent. « C'est le dossier Dutroux de l'Eglise, a ainsi déclaré Peter Adriaenssens, pédopsychiatre qui a dirigé les travaux de la commission. Aucune congrégation n'échappe à l'abus sexuel de mineurs par un ou plusieurs de ses membres. »
Pour preuve, ce professeur a choisi de publier – en français et en néerlandais – 124 témoignages de « survivants d'abus sexuels ». Une ancienne « adolescente taiseuse » raconte ainsi ses rapports avec son confident religieux : « Il m'a dit que je devais apprendre la tendresse humaine, qu'il était préférable de l'apprendre en douceur avec lui. » Spectaculaires, ces révélations apparaissent souvent salvatrices pour les victimes. « J'attends de la commission de faire savoir à l'auteur des faits que je ne compte pas me taire toute ma vie… », explique par exemple un autre abusé. L'Eglise, accusée dans un premier temps de vouloir étouffer l'affaire, doit présenter justement aujourd'hui une « initiative » pour aider les victimes.