la réforme de la constitution validée par 58 % des électeurs

Céline Blampain

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50 millions de Turcs ont voté hier.
50 millions de Turcs ont voté hier. — ADEM ALTAN / AFP

Hier, 58 % des électeurs turcs se sont prononcés en faveur d'une révision de la Constitution. Un texte hérité du coup d'Etat militaire de 1980 et qui constituait un héritage difficile à porter pour un pays candidat à l'entrée dans l'Union européenne. Voilà plusieurs semaines que le Premier ministre, Recep Tayyip Erdogan, qui a annoncé le résultat hier soir, avait multiplié les meetings pour vanter « une avancée vers la démocratie ». Objectif affiché : « rapprocher la Turquie des standards européens ».

Limiter le pouvoir de l'armée
A Istanbul, la population a bravé la pluie pour voter. « Nous ne voulons plus de coups militaires dans ce pays. Nous voulons une constitution civile », a déclaré à l'AFP le jeune Serkan, agent commercial. En coulisse, les islamistes au pouvoir et l'armée, qui se considère toujours comme la gardienne des principes laïques d'Atatürk, se livrent une guerre larvée pour le contrôle du pays. Mustapha, la cinquantaine, affirme qu'il a voté « non » pour sauver « les valeurs républicaines ». La réforme proposée limite les pouvoirs de deux institutions considérées comme des bastions de la laïcité : la hiérarchie judiciaire et l'armée.
« Plébiscite déguisé » pour certains, ce référendum est aussi l'occasion pour le Premier ministre de tester sa popularité, à moins d'un an des prochaines élections.