La Casa Pia, institution caritative, fut le théatre de violences sexuelles pendant 25 ans.
La Casa Pia, institution caritative, fut le théatre de violences sexuelles pendant 25 ans. — F. SECO / AP / SIPA

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Verdict attendu pour la casa pia

Portugal Après des années d'instruction, les victimes devraient être fixées

Respectable institution bicentenaire, la Casa Pia est, depuis 2002, devenue le nom d'une affaire explosive, le scandale pédophile le plus long de l'histoire judiciaire du Portugal, dont le verdict est attendu aujourd'hui. L'un des plus médiatiques également, qui a tenu en haleine le pays pendant des mois, au rythme de déclarations successives impliquant, outre Carlos Silvino, l'ancien jardinier de l'établissement, Carlos Cruz, un ex-présentateur vedette de la télévision, Paulo Pedroso, le numéro 2 du PS portugais et étoile montante de la politique, un ex-ambassadeur et plusieurs notables.

826 crimes sur 32 mineurs
Un scandale qui prend toute sa mesure à la lecture des chiffres : au cours des 461 séances, ce sont près de 1 000 témoins et experts qui ont été entendus, dans un procès où six hommes et une femme répondent de 826 crimes d'abus sexuels et d'incitation à la prostitution sur 32 mineurs de la Casa Pia. C'est en 2002, avec le témoignage d'un interne de la Casa Pia, que débute le scandale. Le Portugal découvre alors que cette institution caritative, accueillant orphelins, handicapés et enfants défavorisés, était le théâtre de violences sexuelles depuis plus de 25 ans. Carlos Silvino, l'ancien jardinier et chauffeur de l'institution, accusé de plus de 600 crimes, est le seul à avoir reconnu les faits. Tous les autres nient en bloc. Les sept accusés risquent une peine d'au moins cinq ans de prison ferme. Les victimes, elles, n'ont qu'une crainte : l'acquittement, qui les ferait passer pour des « menteurs », selon leur représentant, après huit années de procédure.