Massacre de clandestins au Mexique: un survivant raconte

VIOLENCES Ils sont quatre à avoir échappé à la tuerie du gang des Zetas…

C. F. avec AFP

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L'Equatorien Luis Freddy Lala Pomavilla, premier survivant identifié du massacre de 72 immigrés latino-américains fin août 2010 au Mexique.
L'Equatorien Luis Freddy Lala Pomavilla, premier survivant identifié du massacre de 72 immigrés latino-américains fin août 2010 au Mexique. — El Bravo de Matamoros/AP/SIPA

L'Equatorien Luis Freddy Lala Pomavilla, premier survivant identifié du massacre de 72 immigrés latino-américains la semaine dernière au Mexique, a assuré jeudi que trois autres clandestins avaient survécu avec lui à la tuerie de San Fernando fin août. 

Dans l'avion de la présidence équatorienne qui l'a rapatrié à Quito dimanche, il a raconté les circonstances de ce massacre, commis, selon lui par le gang des «Zetas» (>> pour voir notre diaporama sur le gang des Zetas, cliquez ici). Selon lui, les immigrés clandestins ont été exécutés car ils refusaient de rejoindre les rangs de cette bande, constituée par des déserteurs des troupes d'élite

«Encerclés par trois voitures» 

Lala Pomavilla a raconté que les immigrés avaient été capturés le samedi 21 août au soir, puis séquestrés dans une maison de l'Etat de Tamaulipas, à 180 km de la frontière avec les Etats-Unis, où a eu lieu le massacre. 

«Le samedi soir, vers 10h, nous avons été encerclés par trois voitures. Huit personnes armées en sont sorties. Elles nous ont entourés, nous ont fait descendre de voiture et nous ont mis dans une autre», a déclaré cet indigène équatorien de 18 ans. 

«Ils tiraient sur mes amis» 

«Ils nous ont conduits à une maison, ils nous ont attaché les mains derrière le dos par groupes de quatre et nous ont détenus une nuit. Ensuite ils nous ont jeté face contre terre et j'ai entendu qu'ils tiraient (...) Ils tiraient sur mes amis. Ensuite, on m'a tiré dessus et tous les autres ont été tués. Ils ont arrêté de tirer et sont partis. Ils ont tué tout le monde», a-t-il ajouté. 

Après leur départ, Lala Pomavilla affirme avoir attendu quelques minutes avant d'entamer une marche de plusieurs kilomètres en dépit d'une blessure au visage pour aller chercher de l'aide.

«J'ai demandé de l'aide. Deux hommes sont sortis mais ils n'ont pas voulu m'aider. J'ai vu une lampe très loin (...) J'ai couru une dizaine de kilomètres, j'ai marché malgré la douleur en demandant de l'aide, mais personne ne voulait m'aider», a-t-il ajouté. 

Lui et sa famille placés dans un endroit tenu secret 

Il a finalement rencontré le lendemain matin un groupe de soldats de la Marine mexicaine, qui lui est venu en aide et a recueilli son témoignage. 

Le survivant équatorien et sa famille ont été placés dans un endroit tenu secret, dans le cadre d'un programme de protection des victimes et des témoins.