Nicolas Sarkozy affiche son volontarisme pour la présidence du G20

Catherine Fournier

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Nicolas Sarkozy lors de son discours à la 18e conférence des ambassadeurs le 25 août 2010 à l'Elysée.
Nicolas Sarkozy lors de son discours à la 18e conférence des ambassadeurs le 25 août 2010 à l'Elysée. — AFP/LIONEL BONAVENTURE

Après la présidence de l’Union européenne, Nicolas Sarkozy compte bien prendre à bras le corps celle du G20 en novembre prochain. Le discours du Président devant les ambassadeurs ce mercredi a ainsi été essentiellement consacré aux chantiers à mener dans ce cadre. Trois plus exactement: la réforme du système monétaire international, la volatilité du marché des matières premières - «une catastrophe» - et la gouvernance mondiale.

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Selon le chef de l’Etat français, «seul le G20 dispose du poids spécifique, de la légitimité et de la capacité de décision nécessaires pour donner les impulsions indispensables à ces chantiers de demain». Et de refuser que l’on se contente d’un «G20 de gestion» et non «de crise», sous prétexte que l’on est dans une période de «calme relatif».

Pour lancer la réforme du système monétaire, Nicolas Sarkozy propose l'organisation d'un séminaire international avec les meilleurs spécialistes monétaires internationaux, «pourquoi pas en Chine». Une sorte de Bretton Woods bis. Sur la «volatilité des prix des matières premières», il a proposé d'étudier «le fonctionnement même des marchés de dérivés des matières premières», la «transparence» de ceux des matières premières agricoles et des «mesures de transparence et un dialogue approfondi entre producteurs et consommateurs pour limiter les fluctuations des cours» de l'énergie.

«Un secrétariat du G20»

Enfin, en matière de gouvernance mondiale, le président a suggéré de «créer un secrétariat du G20» pour assurer le suivi des décisions prises au cours des différentes présidences et d'étendre les compétences de ce forum aux questions de développement et de financement du climat.

Pas question, pour autant, d’oublier le G8, dont la France assurera également la présidence au printemps prochain. «Si certains l'ont dit condamné, la France croit à son avenir», a martelé Nicolas Sarkozy.

Pas un mot sur les Roms

Sur le plan européen, le Président français a vanté l’efficacité des décisions prises pour sauver la Grèce, insistant sur le rôle de l’entente franco-allemande. «La prochaine étape de l'UE sera le gouvernement économique entre les pays de la zone euro. Dès le mois d'octobre, le Conseil européen prendra des décisions en ce sens», a souligné Nicolas Sarkozy. Quant à la sécurité européenne, «la France est prête à s'engager sur des projets concrets en la matière», a-t-il indiquant, soulignant qu’il fallait renforcer la relation de l'UE avec l'Otan, mais aussi avec la Russie. «La guerre froide, c'est fini!»

Pas un mot, en revanche, sur la polémique actuelle concernant l’intégration des Roms en Europe et les procédures d’expulsion en France. Le Président a préféré rester sur un ton feutré, philosophant à l’occasion. Ainsi, «ce dont le monde a le plus besoin au 21e siècle, c'est de nouvelles idées», a-t-il lancé à l’assistance, invitant «messieurs et mesdames les ambassadeurs» à se montrer inventifs. Et ce, malgré les restrictions budgétaires...