Incendie en Russie: la fumée est très dangereuse pour les personnes les plus fragiles

SANTE L'exposition prolongée ne présente cependant pas de risque mortel pour les personnes en bonne santé...

Bérénice Dubuc

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Des touristes se protègent de la fumée des incendies à Moscou en Russie, le 6 août 2010.
Des touristes se protègent de la fumée des incendies à Moscou en Russie, le 6 août 2010. — Alexander Natruskin/REUTERS

Un air irrespirable. Depuis une semaine, Moscou est envahie par une fumée persistante due aux feux de forêts et de tourbières qui font rage dans la région. Elle est partout - en plein air comme dans les appartements, les cafés, ou encore le métro - et ne se dissipera pas avant mercredi prochain, selon les services météorologiques russes.

Pas de risque de mortalité pour les personnes en bonne santé

Le nombre de décès est passé dans la capitale russe de moins de 400 à environ 700 chaque jour, et la mortalité a augmenté de 50% en juillet. Alors, cette fumée est-elle mortelle? «Non», répond Martial Olivier-Koehret, médecin généraliste joint par 20minutes.fr, «pas pour les personnes en bonne santé.» Seul risque mortel: le risque d’asphyxie lorsqu’il y a trop de gaz carboniques contenus dans la fumée, et que l’on inhale cette dernière. Mais si le taux d'oxygène dans l'air est en baisse, il est suffisant pour pouvoir respirer.

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Autre problème: l’inhalation de produits toxiques, qui provoquent des irritations des yeux, font tousser et/ou cracher du sang. «On respire ou avale alors des choses potentiellement dangereuses», indique le Dr Olivier-Koehret. En effet, l'observatoire de la qualité de l'air à Moscou, Mosecomonitoring, a indiqué que la fumée était constituée de particules nocives de monoxyde de carbone, d’hydrocarbures, d'oxyde d'azote, d'ammoniaque et d'hydrogène sulfuré. Mais, comme pour toute catastrophe, les conséquences sur la santé ne pourront être mesurées que dans cinq à dix ans. Le médecin prédit déjà une prochaine augmentation des maladies respiratoires, comme l’asthme ou les bronchites.

Fumée + canicule, un mélange funèste

Cette situation, gênante pour les Moscovites en pleine santé, engendre de gros risques pour les organismes déjà faibles. «Les personnes les plus exposées sont celles qui sont déjà malades (atteintes de maladies cardiaques, respiratoires ou endocriniennes) et les personnes fragiles (jeunes enfants, personnes âgées)», explique le Dr Olivier-Koehret. «Ces personnes s’épuisent à chercher à respirer l’oxygène qui se raréfie dans l’air, et finissent par mourir.»

Sans compter que Moscou connaît également cet été une forte canicule, avec des températures allant jusqu'à 40 degrés. Cumulée à la fumée, la canicule amplifie les risques pour la santé: il est impossible de ventiler les pièces, et il n’y pas les coups de vent qui, à l’extérieur, permettraient de mieux respirer par un apport d’oxygène. Seule solution pour les plus faibles: quitter la ville. Mais pour aller où? La Russie est toujours ravagée par quelque 554 feux sur 190.400 hectares.