Bolivie: Une trentaine de touristes français sont toujours coincés à Potosi

MONDE Et des pénuries alimentaires et médicales commencent à se faire sentir...

C.C. avec AFP

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D.MERCADO / REUTERS

Toujours pas d’inquiétude outre mesure, mais les jours commencent à défiler pour la trentaine de touristes français toujours bloqués dans la ville minière de Potosi (sud de la Bolivie), paralysée par un conflit social. Dimanche, des pénuries d'essence, d'aliments et de médicaments commençaient d’ailleurs à se faire sentir.

Après la sortie d'environ une quarantaine de touristes entre vendredi et dimanche par voies aérienne et terrestre, des barrages routiers tenus par les grévistes aux sorties de la ville de 160.000 habitants restaient hermétiques.

«Pas de grande évolution», mais pas de «préoccupation particulière» non plus

«Il n’y a pas eu de grande évolution», indique à 20minutes.fr le ministère des Affaires étrangères. «Les conditions ne sont pas réunies pour garantir des sorties en toute sécurité», ont ajouté les autorités consulaires françaises en Bolivie, recommandant «patience et calme» à la trentaine de Français toujours sur place, dans l'attente d'un déblocage du conflit.

«Il n’y a pas de préoccupation particulière ou de danger tant qu’ils ne s’approchent pas des barrages», renchérit le quai d’Orsay. Mais des files d'attente d'habitants de Potosi ont attesté des débuts de pénurie pour des produits alimentaires comme la viande, les oeufs, alors que des médicaments, comme l'insuline, commençaient également à manquer.

Une situation embarrassante pour les tours opérateurs

Pour les tours opérateurs français en Bolivie, la situation est également embarrassante. «Potosi, c’est incontournable dans nos séjours, et on doit changer tous nos programmes», raconte à 20minutes.fr Thibault Jeannin, responsable de Terra Andina, située à La Paz, la capitale. «On se tient informés au jour le jour avec nos guides sur place, c’est pour cela qu’on était renseigné suffisamment à l’avance pour éviter d’avoir des clients dans cette situation», ajoute-t-il.

Cependant, les spécialistes du terrain trouvent que le conflit dure un peu plus qu’en temps normal. «Cela fait partie de nos problématiques, mais il y a tout de même moins de blocages depuis qu’Evo Morales est arrivé au pouvoir (en janvier 2006)», explique Thibault Jeannin qui s’avoue tout de même «surpris» de la médiatisation en France d’un événement qui «arrive régulièrement» en Bolivie.

Grève de la faim pour près de 500 manifestants

Potosi, ville minière tenue par un opposant au gouvernement socialiste d'Evo Morales, est paralysée depuis 11 jours par une grève générale. Un comité civil local rassemblant syndicats, mais aussi élus locaux, réclame une série d'investissements de l'Etat, dont une route, un aéroport, la relance d'une mine, et le règlement d'un différend limitrophe provincial.

Quelque 500 grévistes, selon la Croix-Rouge locale, ont entamé ce week-end une grève de la faim, installés pour certains sur la place principale de Potosi, pour forcer le pouvoir central à négocier. Le gouvernement a soigneusement évité de faire intervenir armée et police dans Potosi, mais demande la levée du blocus avant d'envoyer sur place une délégation pour négocier.