Incendies en Russie: A Moscou, «on a l'impression d'être dans un barbecue»

TEMOIGNAGES Ils racontent pour 20minutes.fr les difficultés pour vivre actuellement dans la capitale du pays...

Corentin Chauvel

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A.DEMIANCHUK / REUTERS

Chaleur excessive ou fumée incommodante, les Moscovites n’ont pas le choix, ils subissent les deux depuis près de deux semaines et cela devrait empirer selon les services météorologiques. Une Russe et un Français vivant et travaillant à Moscou décrivent à 20minutes.fr une situation qui devient de plus en plus insupportable.

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Maria Skatchkova, professeur et médiathécaire au centre culturel français de Moscou, n’a jamais vu ça. «C’est la première fois qu’on vit ça. D’habitude, l’été à Moscou, même sans la clim, il fait bon», raconte-t-elle. Mais cette année, avec la fumée des incendies qui s’est ajoutée à la chaleur, «c’est vraiment la folie, on est presque morts».

«Un brouillard qui donne une impression apocalyptique»

«On n’a jamais vu des feux de tourbe de cette ampleur», confirme Bogdan, 25 ans, analyste français vivant à Moscou. La capitale russe est «plongée dans un brouillard qui donne une impression apocalyptique, on ne voit pas la lumière du soleil et c’est pire le soir où il n’y a plus aucune visibilité», décrit-il.

A l’intérieur des bâtiments, la chaleur est insupportable, «malgré la clim», et il est impossible d’ouvrir les fenêtres à cause de la fumée. Dehors, «il n’y a pas trop de monde dans les rues», mais «les gens portent des masques ou des respirateurs», indique Maria. La première des consignes est justement de ne pas sortir dans la rue.

Journées raccourcies, bureaux déplacés ou fermés

«Il n’y a pas de vent, l’air est âcre, on a la gorge et les yeux qui piquent, de la cendre qui se dépose sur la peau, sans oublier cette odeur à la fois de feu de bois et de charcuterie brûlée, on a l’impression d’être dans un barbecue!», s’amuse Bogdan. Mais les Moscovites doivent quand même travailler, même si «les journées sont plus courtes», précise Maria. Au centre culturel français, par exemple, les employés s’arrêtent à 13h30.

«Certaines entreprises ont déplacé leurs bureaux dans d’autres villes ou les ont fermés en demandant à leurs employés de prendre leurs congés», ajoute Bogdan. Si certains pays, dont l’Allemagne, ont demandé à leurs ressortissants de quitter Moscou, ce n’est pas le cas de la France. L’analyste ne s’en inquiète pas pour autant. «Je ne pense pas qu’il y ait trop de danger, c’est plus de l’ordre du désagrément que de l’ordre médical», estime Bogdan.

Des conseils pratiques très basiques

Le Français a tout de même remarqué que les autorités russes communiquaient beaucoup plus sur le danger encouru par leurs sites nucléaires ou d’armement à cause des incendies «que sur le nombre de morts». «On a l’impression qu’ils n’ont pas trouvé de stratégie de communication, c’est grâce à la presse étrangère que j’ai appris que la mortalité avait doublé à Moscou», indique Bogdan.

Il faut dire que du côté des conseils pratiques, c’est très basique. Maria explique qu’il n’y a pas grand-chose à faire pour lutter à la fois contre la chaleur et la fumée. «A la télévision, ils donnent des conseils comme ne pas ouvrir les fenêtres, ne pas faire d’activité sportive ou ne pas manger trop lourd, mais on n’arrive même plus à manger, on n’a plus envie», déplore-t-elle. Seule solution selon Maria: «partir en Sibérie».