Dépénalisation des drogues: Le gouvernement mexicain est prêt à ouvrir le débat

CRIMINALITE Felipe Calderon n'est pas vraiment pour, mais veut bien discuter...

J. M. avec AFP

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Saisie de sachets de cocaïne.
Saisie de sachets de cocaïne. — S. POUZET / 20 MINUTES

Dépénaliser la consommation des drogues. Au Mexique, où les cartels s'entretuent pour le contrôle du trafic et de l'approvisionnement des Etats-Unis, causant 28.000 morts sur les quatre dernières années, le gouvernement se dit prêt à ouvrir le débat? Sans pour autant approuver la mesure.

Evaluer toutes les conséquences

«La position du gouvernement, c'est que le débat sur la dépénalisation est ouvert et doit avoir lieu, comme c'est normal dans une société démocratique, mais qu'il faut également en mesurer les conséquences», a expliqué le vice-ministre, Roberto Gil. Il convient, selon lui, d'évaluer «les implications sur la santé publique, et l'augmentation des addictions» que pourrait entraîner une telle politique.

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Le président Felipe Calderon a déjà évoqué le sujet mardi, de façon plus évasive, devant un forum national de réflexion sur la sécurité et le «crime organisé». Le chef de l'Etat a toutefois fait remarquer que la dépénalisation pourrait «mettre en péril des générations de jeunes et d'adolescents», tout en ayant par ailleurs «un effet économique important, dans le sens d'une réduction de revenus importants pour le crime».

La détention de petites quantités déjà dépénalisée

«Bien qu'opposé à la dépénalisation des drogues, le président Calderon ne s'oppose pas au débat sur le sujet», avaient souligné ses services dans la soirée. La pays a dépénalisé en août 2009 la détention de petites quantités de marijuana, cocaïne ou héroïne.

La loi a exclu les poursuites judiciaires en cas d'un «usage personnel», toléré jusqu'à 5 grammes de marijuana ou un demi-gramme de cocaïne, et seulement lors des deux premières interpellations. Ensuite, elle prévoit un programme de désintoxication complet, pris en charge par le gouvernement, sans peine judiciaire.