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INTEMPERIES

Inondations au Pakistan: quatre millions de personnes touchées et plus de 1.500 morts

Après le nord-ouest, les pluies torrentielles menacent le centre et le sud du pays...

Avec chaque jour des centaines de milliers de personnes touchées en plus, la situation empire au Pakistan, touché par les pires inondations depuis 80 ans. Le nombre de Pakistanais affectés a dépassé ce jeudi les quatre millions, dont une partie fuyaient leurs villages dans le centre et le sud du pays, touchés à leur tour par les pluies torrentielles qui ont déjà dévasté le nord-ouest.

«Ce à quoi nous assistons actuellement est une catastrophe majeure»

Une semaine après le début de la crise, la communauté internationale craint une crise alimentaire majeure chez les victimes de ces inondations qui ont dévasté les villages et terres agricoles, tuant au passage plus de 1.500 personnes.

«Ce à quoi nous assistons actuellement est une catastrophe majeure», a expliqué le chef du Bureau de coordination des affaires humanitaires de l'ONU (Ocha) au Pakistan, Manuel Bessler, disant craindre que la situation ne s'aggrave, la saison de la mousson ne se terminant habituellement que fin août.

Une catastrophe similaire attendue dans le centre et le sud

Dans le nord-ouest, les responsables locaux annonçaient cependant une accalmie dans les pluies et une baisse du niveau des eaux. L'attention s'est déplacée sur les autres provinces, plus peuplées, du Pendjab (centre) et du Sindh (sud), où l'on craint désormais des catastrophes similaires.

Dans le Sindh, les autorités annonçaient de fortes pluies pour samedi et dimanche dans la région agricole fertile de Katcha, le long de l’Indus, ajoutant que 5.000 personnes avaient été évacuées.

«Nous n'avons pas été prévenus que les inondations allaient frapper nos villages»

Dans le Pendjab, des pluies torrentielles se sont abattues sur la localité de Kot Addu, transformant la zone en un vaste lac. Des hélicoptères de l'armée étaient dépêchés dans la zone, où des habitants fuyaient les villages inondés à la recherche de refuges. A Mehmood Kot, un village situé à six heures de route de Lahore, capitale du Pendjab, les villageois luttaient pour se déplacer dans des eaux leur arrivant au niveau de la poitrine ou du cou.

Les victimes continuaient de critiquer les autorités, incapables selon eux de les secourir, mettant la pression sur une administration déjà mise en difficulté par la rébellion des talibans et la crise économique. «Nous n'avons pas été prévenus que les inondations allaient frapper nos villages», dénonçait un habitant de Kot Addu, Allah Diwaya. «Nous ne nous y attendions pas. Il y a eu une vague soudaine qui a tout détruit. Nous n'avons plus de maison maintenant.»