les chiites libanais orphelins

Armelle Le Goff

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Le grand ayatollah Mohammad Hussein Fadlallah sera enterré demain à Beyrouth.
Le grand ayatollah Mohammad Hussein Fadlallah sera enterré demain à Beyrouth. — A. AMRO / AFP

C'est une autorité religieuse et politique du Liban qui s'est éteinte hier. Le grand ayatollah Mohammad Hussein Fadlallah est décédé hier dans un hôpital de Beyrouth, à l'âge de 75 ans.

A l'origine de la création

du Hezbollah
Autrefois considéré comme le mentor controversé du parti libanais pro-iranien Hezbollah, il avait été accusé, dans les années 1980,d'être à l'origine des prises d'otages d'Américains au Liban. Pour d'autres, il était au contraire un médiateur dans cette crise. La nature de son rôle n'a jamais été élucidée. Or, rapidement, les relations s'étaient distendues entre le dignitaire et le Hezbollah du fait de l'influence grandissante de Téhéran sur le « parti de Dieu ». Mais, pour autant, Fadlallah était resté un partisan de la Révolution islamique en Iran et de la lutte armée contre Israël. Il était d'ailleurs inscrit sur la liste américaine des « terroristes internationaux ».
Au Liban et dans le monde chiite, il était aussi considéré comme une personnalité religieuse très influente, qui lui valait le titre de « Sayyed » (descendant du prophète). Il était connu pour son pragmatisme, pour être un partisan du dialogue et pour ses avis religieux tolérants, notamment vis-à-vis des femmes. Son décès a suscité de nombreuses réactions. « Le père, le leader, l'autorité, le guide, l'homme est parti », s'est ému l'ayatollah Abdallah Al-Ghureifi hier, depuis la mosquée Al-Imamayn al-Hassanayn, dans la banlieue sud de Beyrouth, où il sera enterré demain. Le Hezbollah a appelé à trois jours de deuil, affirmant dans un communiqué que « le Liban, la nation musulmane et le monde tout entier » avaient « perdu un grand savant musulman ».