Colonna aura droit à un troisième procès

Charlotte Mannevy (avec AFP)

— 

C'est le dernier rebondissement d'une affaire riche en péripéties. La Cour de cassation a annulé hier la condamnation d'Yvan Colonna à la prison à perpétuité pour l'assassinat du préfet Claude Erignac, en 1998. Une victoire pour le berger de Cargèse, qui n'a cessé de clamer son innocence depuis son arrestation en juillet 2003, après quatre ans de cavale.

Vice de forme selon la Cour
Depuis la fin du procès en appel, il y a un an, les avocats de Colonna n'ont eu de cesse de dénoncer une « parodie de justice » et ont soulevé pas moins de quinze vices de forme devant la plus haute juridiction française. Celle-ci a estimé hier qu'en effet la cour d'assises avait fait une erreur en ne répondant pas aux conclusions de la défense concernant l'audition d'un expert. « Ce dossier était complètement vicié. Le dernier procès a été la consécration de ces vices », a commenté Me Garbarini, l'un des conseils de Colonna, estimant que tout « repart à zéro ». A affaire hors norme, réaction hors norme : la garde des Sceaux, Michèle Alliot-Marie, a publié, sitôt l'arrêt connu, un communiqué pour rappeler que cette décision « ne porte en rien sur la question de fond de la culpabilité d'Yvan Colonna ». La défense devait déposer dès hier soir une demande de remise en liberté. Mais elle ne sera pas étudiée avant le 8 juillet, date à laquelle Colonna saura s'il est condamné pour détention illégale d'armes, dans le procès de sa cavale qui s'est tenu en mai.

Chronologie

4 juillet 2003 Yvan Colonna est arrêté en Corse après quatre ans de cavale.13 décembre 2007 Il est condamné à perpétuité, sans la période de vingt-deux ans de sûreté demandée par le parquet.9 février 2009 Ouverture du procès en appel.11 mars 2009 L'accusé et ses cinq avocats claquent la porte après un deuxième refus du président de la cour d'organiser une reconstitution.27 mars 2009 Yvan Colonna est reconnu coupable. Il est condamné à la réclusion criminelle à perpétuité assortie de vingt-deux ans de sûreté, la peine maximale.30 juin 2010 La condamnation est annulée.