Guerre en Afghanistan: l'interview polémique du général McChrystal

ETATS-UNIS Le militaire s'est moqué du vice-président dans les colonnes de Rolling Stone...

O.R. avec AFP

— 

Le général McChrystal, commandant en chef des forces internationales en Afghanistan, Isaf, et le représentant civil de l'Otan, Mark Sedwill  le 24 février 2010 à Kaboul.
Le général McChrystal, commandant en chef des forces internationales en Afghanistan, Isaf, et le représentant civil de l'Otan, Mark Sedwill le 24 février 2010 à Kaboul. — Reeba Crister

Il s’en est pris au vice-président américain et à l’ambassadeur à Kaboul. Le général Stanley McChrystal, commandant des forces internationales en Afghanistan, s’est lâché dans une interview au magazine Rolling Stone, provoquant une polémique aux Etats-Unis. A tel point que selon le porte-parole de la Maison blanche, Barack Obama «n'exclut pas de» limoger le général.

Dans l’article, paru lundi, les tensions entre le général McChrystal et la Maison blanche apparaissent en plein jour. Il s’y moque de Joe Biden, connu pour son scepticisme face à sa stratégie en Afghanistan. «Vous allez m'interroger sur Joe Biden?», demande le général en riant. «Qui est-ce?»

«Biden», reprend un de ses conseillers. Le général s'appuie alors sur le nom du vice-président américain pour se fendre d'un jeu de mot, demandant: «Vous avez dit: Bite Me? (va te faire voir, en anglais)».

«Trahi» par l’ambassadeur

Le général McChrystal dit aussi s'être senti «trahi» par l'ambassadeur américain à Kaboul, Karl Eikenberry, l'an dernier lors d'un débat à la Maison blanche sur la stratégie en Afghanistan.

Le militaire a immédiatement présenté ses excuses, après la publication de l’article. «C'était une erreur faisant état d'un piètre jugement et cela n'aurait jamais dû se produire» a-t-il ajouté.

Convoqué à la Maison blanche

Il n’en fallait pas moins pour provoquer l’ire de Washington. Le chef d'état-major interarmées des Etats-Unis, l'amiral Michael Mullen, s’est dit «profondément déçu» par les propos tenus par le général McChrystal.

Et ce n’est visiblement pas le seul, puisque le général a été convoqué mercredi «en personne» (et non par visioconférence) à la Maison blanche pour s’expliquer.

Selon un responsable, sous couvert d'anonymat, le haut gradé «devra s'expliquer devant le Pentagone et le commandant en chef (le président Barack Obama, ndlr) sur les propos qu'il a tenus sur ses collègues dans cet article».