Peine de mort: des méthodes plus ou moins douloureuses

EXECUTIONS Alors qu'un condamné à mort à été fusillé ce vendredi aux Etats-Unis, 20minutes.fr fait le point sur les différentes techniques employées dans le monde...

R.B-P.

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Un homme de 29 ans a été exécuté mardi soir au Texas, la première d'une série de dix exécutions programmées dans les 30 jours dans cet Etat qui défie toutes les statistiques en la matière, laissant les militants anti-peine de mort hébétés.
Un homme de 29 ans a été exécuté mardi soir au Texas, la première d'une série de dix exécutions programmées dans les 30 jours dans cet Etat qui défie toutes les statistiques en la matière, laissant les militants anti-peine de mort hébétés. — AFP/Archives

Condamné à mort, un homme a été fusillé par cinq tireurs d’élite ce vendredi dans l'Utah, aux Etats-Unis. Une méthode qui semble pour le moins archaïque, même si selon Elisabeth Semel, professeur à l'université de Berkeley et spécialisée dans les questions de peine de mort, être fusillé est la méthode la plus rapide et la moins douloureuse de mourir. Abolie en France le 17 septembre 1981 après un discours retentissant de Robert Badinter, la peine de mort est activement pratiquée par 57 pays dans le monde en 2010.

A travers le temps, les hommes ont rivalisé d’invention pour exécuter ceux qui ont reçu la sentence fatale: torture, guillotine ou plus récemment injection létale. Depuis environ deux siècles, on tente néanmoins de minimiser la douleur des condamnés. Malgré tout,  -«toutes les exécutions sont douloureuses», rappelle E.Deceaux, spécialiste en matière des Droits de l’homme. 20minutes.fr fait le point sur les différentes techniques.
 
L’injection létale

C’est le médecin personnel d’Hitler qui suggéra le premier d’administrer du poison par intraveineuse aux prisonniers des camps de concentration. Apparue au début des années 1980, cette méthode consiste à piquer le détenu et à lui injecter un ou plusieurs produits mortels. Le condamné est piqué une première fois. On lui injecte un puissant calmant (thiopental de sodium) visant à le rendre inconscient. Puis, une deuxième drogue (bromure de pancuronium) lui paralyse tous les muscles sauf le coeur. La troisième et dernière injection (chlorure de potassium) provoque un arrêt cardiaque.

Considérée comme plus éthique, l’injection létale compte néanmoins de nombreux détracteurs. Ceux-ci affirment que les deux premiers produits, au lieu de rendre le condamné totalement inconscient, ne font que l’abrutir mais il reste conscient. Au Texas, ce produit serait interdit pour euthanasier les animaux, selon Amnesty International, joint par 20minutes.fr. Ensuite, la deuxième injection engendrerait une grande souffrance puisque le détenu agoniserait faute de pouvoir respirer et donnerait l’impression de dormir alors que la paralysie l’empêcherait juste de pouvoir manifester sa douleur. Et l’arrêt cardiaque provoqué par la dernière piqûre brûlerait le détenu dans tout son corps.

Un cas récent a particulièrement marqué les esprits aux Etats-Unis. Le 15 septembre 2009, Romell Broom, condamné en Ohio pour le viol et le meurtre d’une adolescente vingt-cinq ans auparavant, a dû être piqué dans les bras, les mains et les jambes à dix-huit reprises.

La chaise électrique
Elaborée à la fin du 19e siècle pour mettre fin aux pendaisons, jugées trop cruelles, elle est essentiellement utilisée aux Etats-Unis. On place des électrodes sur la peau du condamné. Les zones de contacts sont fortement mouillées afin de favoriser la conductivité de la peau pour que la personne soit électrifiée plus rapidement. Mais une dizaine de secondes sont généralement nécessaires pour que le condamné soit inconscient. Pendant cette période, la douleur que ressent le condamné est assimilable à des brûlures de 3e degré. Au total, il recevra près de 2.000 volts pendant environ 30 secondes. Dans les années 1980, de plus en plus d’Etats pratiquant cette méthode choisissent de l’abandonner pour adopter la peine de mort par injection. Le Nebraska sera le dernier Etat à l’abandonner en 2008, la Cour suprême la jugeant inconstitutionnelle.

Peloton d’exécution
Même si elle se met de plus en plus à l’injection létale, la Chine reste la principale utilisatrice de cette méthode. Après avoir été exhibé dans toute la ville, le condamné ne reçoit qu’une seule balle dans la nuque qui le tue instantanément. La cérémonie se passe dans un stade où de nombreuses personnes viennent «admirer le spectacle». «Une pratique déplorable» pour l’Association des chrétiens pour l’abolition de la torture (Acat), contactée par 20minutes.fr Ce n’est pas par souci d’économie qu’une seule balle est tirée, mais pour revendre les organes du mort, «selon les besoins», indique l’Acat. La famille du défunt reçoit quelques jours plus tard une lettre avec la douille et une facture de 80 yuans (8 euros), pour «frais d’exécution».

Lapidation
Elle est encore appliquée dans les pays pratiquant la charia. On compte parmi eux le Nigeria, l’Iran ou l’Arabie Saoudite. Elle est dénoncée par tous les organismes de défense des Droits de l’homme, l’ONU en tête. Le code pénal iranien est très précis quant au protocole à suivre: «La taille moyenne est choisie généralement afin de faire expier la faute par la souffrance», c’est-à-dire ni trop petites, ni trop grosses. On peut également lire que les lanceurs «doivent rester à distance d’une quinzaine de mètres de leur cible». Et personne n’est épargné, puisque ces pays n’hésitent pas à lapider des adolescents. On se souvient de la jeune Jila Izadi, 13 ans, condamnée à mort par lapidation en Iran en 2004 pour relation incestueuse avec son frère de 15 ans. Ce dernier avait écopé de 150 coups de fouets.

La pendaison
C’est la méthode la plus rependue dans le monde. L’Irak est le pays qui l’utilise le plus. Il existe deux méthodes. La première, par précipitation, c’est-à-dire qu’une trappe s’ouvre sous les pieds du condamné qui meurt instantanément. C’est ainsi que  Saddam Hussein a été tué en 2006. La seconde, utilisée en Iran, est plus douloureuse. Elle consiste à soulever la corde petit-à-petit à l'aide d'une grue télescopique. Le corps se soulève progressivement vers le haut et la personne est lentement étouffée.

La guillotine
Le principe était très simple: une grande lame s’abattait sur la nuque du condamné, et le décapitait. Aucune souffrance, pouvait-on penser, si la personne était décapitée sur le champ. Cependant, l’Histoire a enregistré quelques ratés. Par exemple, l’exécution de Louis Lefèvre, le 16 avril 1916. Ce dernier a d’abord été scalpé par la guillotine avant que sa tête ne soit finalement séparée de son corps au bout d’un deuxième essai. Ces échecs ont nourri des légendes telles que celle du cavalier sans tête (Sleepy Hollow) ou encore Nick-quasi-sans-tête (Harry Potter). Dans la préface du Dernier jour d’un condamné (1829), Victor Hugo affirme que «l'infâme machine (la guillotine) partira de France, nous y comptons, et, s'il plaît à Dieu, elle partira en boitant, car nous tâcherons de lui porter de rudes coups». Après quatre ans de non utilisation, le coup fatal lui sera porté en France par le ministre de la Justice de François Mitterrand, Robert Badinter.
 
Amnesty International et plusieurs associations dont l’ACAT, se donnent rendez-vous le 2 juillet prochain sur la place de la Concorde à paris pour célébrer le «triste anniversaire» de la reprise de la peine de mort aux Etats-Unis le 2 juillet 1976.

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