Pologne: les urnes marquées par le deuil

ELECTIONS Les Polonais sont appelés à désigner le chef de l'Etat, dimanche...

Armelle Le Goff

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Bronislaw Komorowski (au c.) est crédité de 48 % des intentions de vote.
Bronislaw Komorowski (au c.) est crédité de 48 % des intentions de vote. — W. RADWANSKI / AFP

La catastrophe de Smolensk, qui a coûté la vie à une bonne partie de l'exécutif polonais, ne les a pas rapprochés. Plus divisés que jamais, les Polonais iront voter dimanche pour le premier tour de la présidentielle. Deux visions s'affrontent. L'une libérale et pro-européenne, représentée par la Plate-forme civique (PO), parti de Bronislaw Komorowski, actuel président par intérim. L'autre, conservatrice et nationaliste, incarnée par le parti Droit et Justice (PiS) de Jaroslaw Kaczynski, frère jumeau du président défunt. Cinq autres candidats se présentent à la magistrature suprême.

L'Eglise soutient Kaczynski

Un sondage publié mercredi crédite le candidat libéral de 48% des intentions de vote, contre 34% pour le dirigeant conservateur. Si aucun candidat ne franchit dimanche la barre des 50%, un second tour aura lieu le 4 juillet et, selon les intentions de vote, Komorowski battrait alors Kaczynski par 60% des voix , contre 40%. Les experts soulignent cependant que l'écart entre les deux rivaux ne cesse de se réduire. Ils n'excluent pas une mobilisation des électeurs de Kaczynski au second tour, comme ce fut le cas lors de la présidentielle de 2005, remportée par Lech Kaczynski contre le libéral Donald Tusk.

L'Eglise, très influente dans ce pays profondément catholique, n'a, quant à elle, pas hésité à apporter un soutien direct à Kaczynski par la voix de nombreux prélats. Mais l'institution reste divisée: une partie de la hiérarchie appelle à ne pas s'engager pour ne pas envenimer la campagne. Les deux principaux candidats prennent d'ailleurs soin de ne pas s'attaquer de front. Jeudi, lors d'un hommage commun, Komorowski et Kaczynski se sont recueillis sur la tombe du président Lech Kaczynski.