Double meurtre en Belgique: le suspect voulait se venger d'une expulsion

FAITS-DIVERS Arrêté jeudi soir, il a affirmé aux enquêteurs qu'il était motivé par la «vengeance contre la justice en général et la juge de paix en particulier»...

B.D. avec agence

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Une juge et son greffier tués par balle à Bruxelles, le 3 juin 2010.
Une juge et son greffier tués par balle à Bruxelles, le 3 juin 2010. — AFP PHOTO/BELGA PHOTO/ERIC VIDAL

Le suspect arrêté dans la soirée de jeudi pour le double meurtre d'une juge de paix et d'un greffier en pleine salle d'audience en Belgique a expliqué avoir voulu se venger, après avoir été expulsé de son appartement.

«Vengeance contre la justice en général et la juge de paix en particulier»

«Selon ses propres déclarations, il était présent dans la salle d'audience, il a sorti une arme et a tiré sur la juge, Isabelle Brandon, et son greffier, André Bellemans», a indiqué vendredi le porte-parole du parquet, Jean-Marc Meilleur. «Il explique que le motif était la vengeance contre la justice en général et la juge de paix en particulier», qui avait décidé en 2007 de l'expulser de l'appartement qu'il louait.

L'homme, âgé de 47 ans, était depuis sans domicile fixe. Il est connu des services de police pour des faits de violence commis dans les années 1990. Le parquet n'a pas souhaité préciser sa nationalité. Selon la radio-télévision flamande VRT, il serait Iranien.

Interpellé jeudi soir

Le suspect, qui dit avoir agi seul, a été interpellé jeudi soir dans un jardin public du centre de bruxelles, bordé par le palais royal, le parlement belge et plusieurs cabinets ministériels. Les forces de l'ordre ont été averties vers 19h30 qu'un inconnu tirait des coups de feu. «Il tirait en l'air, soit il voulait être arrêté, (soit) il voulait se suicider», a souligné le porte-parole.

Trois policiers arrivés sur place lui ont donné l'ordre de lâcher son arme et de se coucher. L'homme a refusé et mis en joue les policiers. L'un d'entre eux a alors tiré en l'air pour détourner son attention, tandis que l'un de ses collègues a réussi à le désarmer en lui donnant un coup de matraque sur le bras.

L'arme qu'il portait semble bien être celle utilisée pour tuer la juge, âgée de 60 ans, et son greffier, 59 ans, selon la police. Le suspect doit être entendu dans la journée par un juge d'instruction. Les témoins du double meurtre l'ont formellement reconnu, selon la police. Le Premier ministre, Yves Leterme, a félicité vendredi la police pour son «intervention appropriée et vigoureuse».

Impact sur les élections

Le meurtre de la juge et de son greffier, en plein tribunal, est une première dans l'histoire de la Belgique, mais survient après d'autres incidents ayant mis en cause ces dernières années la sécurité des locaux judiciaires. L'affaire a suscité un grand émoi dans le pays. Jeudi après-midi notamment, le chef du gouvernement, des ministres et des parlementaires belges, et des centaines de magistrats et d'avocats, avaient rendu un hommage solennel aux victimes de cette fusillade.

A quelques jours des élections législatives anticipées du 13 juin, l'affaire relance aussi plus généralement la polémique sur la sécurité, en particulier dans les grandes villes comme Bruxelles. «Il faut investir plus dans la sécurité», a déclaré le chef du parti indépendantiste flamand N-VA, Bart De Wever, en tête dans les sondages chez les électeurs flamands. Le Premier ministre sortant Yves Leterme a promis de «tirer les leçons» du drame, tout en soulignant qu'il fallait «garder une justice de proximité» proche du citoyen.