Un Français dans la flottille livre son témoignage

PROCHE-ORIENT Youcef Benderbal était sur un bateau grec...

C.C. sur place, avec O.R.
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C.CHAUVEL / 20 MINUTES

«Je suis revenu parce que je me sentais plus utile ici.» Youcef Benderbal, responsable de la communication du CBSP (Comité de bienfaisance et de secours aux Palestiniens) est arrivé à Paris ce mardi matin. Lundi matin, il faisait partie des sept Français de cette association détenus en Israël suite au raid de Tsahal contre une flottille humanitaire.

Lors d’une conférence de presse donnée ce mardi soir à Paris, il est revenu sur les conditions de son arrestation par les commandos israéliens. «Nous étions sur un bateau grec, le Spendova, qui a été contacté par les Israéliens. Ils nous ont dit de faire demi-tour et qu'ils nous empêcheraient d'arriver à Gaza», raconte Youcef Benderbal. «Cela nous a paru inacceptable car nous étions encore dans les eaux internationales.»

Eviter toute provocation et privilégier le dialogue

«Nous avons décidé de continuer coûte que coûte. Tout le monde est allé dormir, dans des conditions difficiles, et vers 4h-4h30 du matin, je suis sorti dehors et j'ai vu qu'il se passait quelque chose», poursuit le militant. «Avec des hélicoptères, des Zodiacs, les Israéliens ont pris d'assaut les bateaux.»

Les organisateurs leur avaient donné pour consigne de rester grouper, éviter toute provocation et de privilégier le dialogue, tout en protégeant la cabine du capitaine et la salle des machines. «Nous n'avions pas d'armes, mais nous étions dans notre droit. Il ne fallait pas non plus qu'ils s'attendent à ce qu'on les accueille les bras ouverts!»

«We are pacifists! We are pacifists!»

Face à un soldat israélien armé jusqu'aux dents, Youcef Benderbal a répété: «We are pacifists! We are pacifists (Nous sommes des pacifistes)!» Mais le responsable de la communication décrit des soldats violents, faisant des «injonctions brutales». L'un de ses collègues, Ahmed Oumimoun, s’est retrouvé avec un fusil sous la gorge et a reçu un coup dans la mâchoire.

Les passagers ont ensuite été tous réunis dans une salle du bateau et les rideaux ont été fermés par les soldats israéliens. «J'ai pris des photos, j'ai filmé», indique Youcef Benderbal, mais «tout notre matériel a été confisqué.»

Six autres membres du CBSP toujours détenus à Beer-Sheva

Les passagers ont demandé aux soldats israéliens à ce que leur consulat respectif soit prévenu de leur arrivée. Mais, une fois débarqués un par un au port d’Ashdod, «personne n'était là pour nous accueillir», précise le militant. C'est là que Youcef Benderbal a perdu le contact avec les autres membres du CBSP.

Ces derniers sont toujours détenus à Beer-Sheva, car ils ne voulaient pas partir et «laisser le convoi comme ça.» Il s'agit de Miloud Zenasni, responsable du bureau CBSP de Marseille, Mouloud Bouzidi, responsable de celui de Lille, Salah Berguabi, responsable du bureau de Lyon, Mounia Shérif, bénévole de l'ONG, Ahmed Oumimoun et Mazen Kahel, membres du conseil d'administration.

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