Angela favorite à la chancellerie

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Une femme contre Gerhard Schröder. Angela Merkel, présidente de l’Union chrétienne-démocrate allemande (CDU), a été désignée hier par son parti candidate à la chancellerie allemande pour les élections législatives anticipées. Le scrutin devrait se tenir le 18 septembre. Première femme à la tête d’un parti majeur en 2000, à 50 ans elle pourrait maintenant devenir la première chancelière de l’histoire de l’Allemagne. C’est en tout cas ce qu’indiquent les derniers sondages, selon lesquels la CDU recueillerait de 49 % à 52 % des intentions de vote. « La victoire d’Angela Merkel ne fait aucun doute. Elle est populaire car elle représente deux minorités sur la scène politiques allemande : c’est une femme et elle vient d’Allemagne de l’Est », estime Suzanne Nies, directrice de recherche à l’Institut de relations internationales et stratégiques (Iris). Côté programme, la tête de liste de la CDU a clairement remis en cause, hier, les réformes socioéconomiques du gouvernement Schröder, au pouvoir depuis 1998. Alors que le pays compte plus de cinq millions de chômeurs, elle a insisté sur la nécessité de miser sur l’emploi dans les années à venir. Elle a aussi souhaité relancer le débat sur l’adhésion de la Turquie à l’Union européenne, préférant opter pour un « partenariat privilégié » qui « n’inquiéterait pas » les populations. « Sa politique sera beaucoup plus libérale, explique Suzanne Nies. Sur le plan diplomatique, elle va se rapprocher des Etats-Unis, au détriment de la France. Les Allemands vont dire ‘‘non” à Schröder plutôt que ‘‘oui” à Merkel. Le ras-le-bol est général. » Armin Arefi