Argent contre trafiquants afghans

©2006 20 minutes

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Un fumeur d'opium, des tombes

D'immenses pancartes sont apparues dans Kaboul depuis deux semaines

« La drogue est mauvaise pour tous », dénonce timidement le slogan qui fait sourire les passants

Pas vraiment le geste fort qu'attend la communauté internationale réunie à Londres depuis hier afin de renouveler son soutien à l'Afghanistan pour cinq ans

Producteur de 87 % de l'opium mondial, le pays fournit la matière première indispensable à la fabrication de la quasi-totalité de l'héroïne vendue en Europe

Depuis la chute du régime taliban fin 2001, la production n'a cessé d'augmenter (sauf en 2005, -2,4 %)

Le gouvernement afghan espère obtenir deux milliards de dollars supplémentaires pour résoudre le problème

« L'argent est déjà là, explique Doris Buddenberg de l'Organisation des Nations unies contre la drogue et le crime (UNODC)

Mais tout le monde sait que des responsables politiques sont impliqués

» Les donateurs aimeraient que le président, Hamid Karzaï, fasse le ménage dans ses rangs

Las des atermoiements du chef de l'Etat, le ministre de l'Intérieur, Ali Jalali, a démissionné en septembre

Il détiendrait une liste des complices du trafic : le frère du Président, des ministres, des gouverneurs

« C'est difficile, se défend Javed Ludin, conseiller présidentiel, car les trafiquants supposés sont nos partenaires dans la lutte contre le terrorisme

» Cela peut durer longtemps car la culture du pavot fait vivre plus de deux millions de personnes dans l'un des pays les plus pauvres du monde

Anne Le Troquer