Quelle attitude adopter avec le Hamas ?

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Le Fatah participera-t-il ou non au gouvernement avec le Hamas, grand vainqueur des législatives palestiniennes ? Question délicate que le chef de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, devait trancher hier soir à Ramallah, lors d'une réunion du comité central de son parti

Jusqu'à présent, le Fatah a décliné les appels du Hamas à former une coalition, renvoyant plutôt le Hamas au défi qui l'attend : gouverner seul sans expérience du pouvoir

Aux yeux d'Israël, la décision du Fatah sur sa participation au gouvernement devrait faire une différence de taille

L'Etat hébreu rejette tout dialogue avec le Hamas, lequel appelle à sa destruction, et considère le modéré Mahmoud Abbas comme le seul interlocuteur valable pour le processus de paix

Israël peut toutefois compter sur le fait que, théoriquement, le Parlement et le gouvernement palestiniens n'ont pas vocation à mener les discussions de paix

C'est donc le président de l'OLP (Organisation de libération de la Palestine), en l'occurrence Abbas, qui continuera d'assurer cette fonction

Sa tâche sera d'autant plus difficile qu'il doit encore affronter la contestation venant de son propre camp

Ce week-end, des centaines de partisans du Fatah ont brièvement envahi l'enceinte du Parlement, à Gaza, afin de manifester contre la direction de leur parti, accusée d'être responsable de la défaite face au Hamas

En tout, près de 5 000 personnes ont manifesté à travers la Cisjordanie, tandis que des affrontements armés entre vainqueurs et perdants ont fait au moins neuf blessés

Faustine Vincent

Occidentaux A l'instar du Fatah, Américains et Européens réfléchissent à l'attitude à adopter après le triomphe du Hamas aux législatives. Les Vingt-Cinq doivent en discuter aujourd'hui à Bruxelles. En attendant, le Hamas fait acte de prudence. Mahmoud Zahar, l'un de ses responsables, a affirmé au Sunday Telegraph que son mouvement, sans reconnaître Israël, pourrait parvenir à « une trêve à long terme ». Samedi, il a déclaré qu'il ne considérait pas les Etats-Unis comme un ennemi et que le président Bush détenait la clé de la paix dans la région.