Assaut de la flottille humanitaire: Comment en est-on arrivé là?

C.C. avec agence

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Quel était l’objet de l’opération?

Baptisée «flottille de la liberté», l’opération consistait en l’acheminement à Gaza de 10.000 tonnes d’aide humanitaire par l’intermédiaire de six bateaux (un navire amiral, deux cargos chargés d'aide humanitaire et trois autres navires plus petits) partis de Chypre dimanche. Environ 600 personnes de cinquante nationalités différentes étaient présentes à bord du navire amiral, le Mavi Marmara, mais la majorité des passagers était turque.

C’est le mouvement Free Gaza qui a organisé le convoi auquel plusieurs autres organisations pro-palestiniennes ont pris part dont la Fondation pour les droits de l'homme et l'aide humanitaire (IHH). Contacté par 20minutes.fr, le politologue Frédéric Encel précise que cette dernière est «un mouvement islamiste radical turc proche du Hamas».

Pourquoi l’armée israélienne a-t-elle pris les bateaux d’assaut?
Les autorités israéliennes avaient annoncé leur intention de bloquer ce convoi, qu’elles qualifiaient de «provocation», y compris par la force. En effet, depuis la prise de contrôle du territoire par le Hamas en juin 2007, un blocus strict (sauf pour les produits de première nécessité) est exercé par Israël sur la bande de Gaza. Les ONG entendaient également, à travers cette opération, le dénoncer.

L'ambassadeur d'Israël au Danemark, Arthur Avnon, a affirmé ce lundi que des rumeurs faisant état de liens entre la flottille pour Gaza et Al-Qaida étaient à l'origine de l'intervention de l'armée israélienne, sans que cela ne soit confirmé par aucune autre source.

L’assaut a été donné avant l’aube, vers 4h du matin (3h heure française), à partir de trois hélicoptères appuyés par des bateaux. La flottille se trouvait alors toujours dans les eaux internationales, bien avant la limite des 20 milles définissant les eaux territoriales au large de la bande de Gaza.

Pourquoi cela a-t-il dégénéré?
L’action meurtrière n’a eu lieu que sur le navire amiral de la flottille. Chaque camp a ensuite sa propre version des faits. Selon les militants pro-palestiniens, les soldats israéliens «ont commencé à tirer au moment où ils ont touché le pont» du bateau. L’armée israélienne indique de son côté qu’une trentaine de militants s’en seraient pris, de manière préméditée, aux commandos israéliens avec des bâtons, des barres de fer, des couteaux et des armes à balles réelles.

Les soldats israéliens auraient répondu en situation de légitime défense, faisant un total d’au moins neuf victimes selon l’armée. Il y aurait dix blessés parmi les soldats israéliens, dont deux grièvement, selon les militaires. Les estimations sur le nombre des passagers blessés durant l'intervention varient de 20 à 30.

Quelle a été la réaction de la communauté internationale?
Elle a été unanime. L’ensemble des chefs d’Etat du monde entier se sont dits «choqués» et ont condamné l'usage disproportionné de la force qui a provoqué des victimes civiles. Une enquête a été demandée par la communauté internationale et les ambassadeurs israéliens dans de nombreux Etats ont été convoqués pour des explications.

Plusieurs manifestations de protestation contre Israël se sont spontanément déroulées dans plusieurs pays arabes et occidentaux ce lundi. Des appels à la grève générale ont été lancés pour mardi dans la bande de Gaza et dans l’Etat Hébreu par les Arabes israéliens.