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Fin de vieL’Equateur, deuxième pays d’Amérique latine à dépénaliser l’euthanasie

L’Equateur devient le deuxième pays d’Amérique latine à dépénaliser l’euthanasie

Fin de vieSelon la Cour constitutionnelle, un médecin qui abrège les souffrances d’un patient atteint d’une maladie incurable ne peut être poursuivi pour homicide
Une personne en fin de vie à l’hôpital (illustration).
Une personne en fin de vie à l’hôpital (illustration). - Marin Driguez / SIPA
20 Minutes avec AFP

20 Minutes avec AFP

Quito vient de faire évoluer sa position sur les questions liées à la fin de vie. L’Equateur est en effet devenu mercredi le deuxième pays d’Amérique latine, après la Colombie en 1997, à dépénaliser l’euthanasie.

La Cour constitutionnelle a pour cela statué qu’un médecin qui abrège les souffrances d’un patient atteint d’une maladie incurable ne peut être poursuivi pour homicide. La procédure avait été entamée en août par Paola Roldan, une femme de 43 ans atteinte de sclérose latérale amyotrophique, ou maladie de Charcot, une affection neurodégénérative rare et douloureuse.

« Tout être humain peut prendre des décisions libres »

Cette patiente, qui vit en permanence sous oxygène et prostrée dans son lit, demandait à la Cour de dire que l’article 144 du Code pénal équatorien, qui punit de dix à treize ans de prison l’homicide simple, ne s’applique pas en matière d'euthanasie, comme c’était la pratique jusqu’à présent.

La Cour constitutionnelle lui a donné raison, en statuant que « tout être humain peut prendre des décisions libres et éclairées lorsque son développement personnel est affecté », incluant « la possibilité de mettre fin à des souffrances intenses causées par une atteinte corporelle grave et irréversible ou par une maladie grave et incurable ». En conséquence, les peines prévues pour homicide « ne pourront s’appliquer au médecin qui réalise un procédé d’euthanasie active de manière à préserver les droits du patient à une vie digne et au libre développement de sa personnalité ».

Un projet de loi à venir

La Cour a en outre demandé au ministère de la Santé de présenter dans les six mois un projet de loi encadrant l’euthanasie, qui devra être adopté par le Parlement dans un délai d’un an. L’ensemble de ces décisions a été adopté par sept voix pour et deux voix contre.

« La lutte pour les droits humains n’est jamais un chemin bien pavé. Je remercie tout le monde parce qu’aujourd’hui l’Equateur est un pays plus accueillant, plus libre et plus digne », a réagi Paola Roldan lors d’une conférence de presse virtuelle, se déclarant « très émue et soulagée ». Un de ses avocats, Farith Simon, a salué une décision « historique » dans un pays traditionnellement conservateur et à majorité catholique, et souligné que l’arrêt de la Cour constitutionnelle est « d’application immédiate ». Un autre avocat, Ramiro Avila, a précisé qu’elle pourra obtenir de mourir « quand elle le considérera opportun ».

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